Après être né et avoir grandi à Dublin en Irelande, Ronan Lynch part pour les Etats-Unis. Il étudie à l'Université du Michigan puis à Austin, Texas. Journaliste et rédacteur aux USA, puis au Mexique et Guatemala, il repart pour sa ville natale. Il y devient chercheur durant 4 ans pour le Center for Public Inquiry, qui travaillait sur la corruption politique et financière en Irelande.
“Ce n'était seulement qu'un centre de recherche totalement indépendant, fondé sans but lucratif. Nous venions de rendre un rapport sur Shell Oil en Irelande [ ndr il y a des gisements de gaz et pétrole sur la côte ouest de l'Irelande] et à peine deux semaines plus tard, le gouvernement faisait fermer le centre... A près ceci, je fis un break.”
Ronan part alors s'installer à Berlin. Depuis plus d'une dizaine d'années, au côté de Mr Glue et Aldubb, Ronan sév it au sein de Irieland Sound System activité lui permettant de silloner l'Europe.
”J'ai remarqué qu'il n'y avait pas de magazines lu internationalement. Il y avait des magazines en français, polonais, allemand mais aucun en anglais traitant de la scène internationale. J'ai alors décidé de reprende mon activité de journaliste.”
Après plusieurs mois de travail, avec la complicité Paula Strzelecka (designer) et la contribution d'activistes extérieurs tel que les français du très sérieux et conseiller site Nizetch voué au Dub, le premier numéro d' Irie Up sort en janvier dernier avec pour couverture Errol Arawak du King Earthquake.
“La scène Reggae est maintenant intenationale et nous entendons beaucoup de bonne choses que se passent dans d'autres pays. Il y a une énrme activité en France, c'est probablement le number one des pays en Europe aujourd'hui. C'est ainsi que nous sommes entrés en relation avec Nizetch avec nous avons fait beaucoup de Dances.”
Dans un format original, non sans rappeler un 7'', le magazine relate l'actualité et l'activité de la scène Reggae internationale au travers le plus souvent des Sound System.
“Il y a plusieurs manières différentes d'écouter[du Reggae], mais pour moi la meilleure c'est le Sound System. Tu peux entendre la langue locale, l'accent du coin, l'ambiance, les news des Sounds. C'est mieux que d'écouter la radio ou la musique enregistrée. Un selecter, quelqu'un au micro, un peu d'effet, de grosses enceintes, les filles qui dansent... The best!”
Pour chaque numéro Irie Up propose un voyage avec des news, chroniques et infos des différentes scènes Reggae de par le monde de la Pologne au Mexique, de France à la Nouvelle-Zélande. La Jamaïque n'est pas en reste évidemment, avec une article consacré à un artiste yardie.
“Nous essayons de relater des histoires, des infos que le public ne connait pas. L'idée du magazine est de provoquer la discussion, d'encourager de nouvelles idées et de donner au gens l'envie d'aller en Souns System.”
Et Irie Up réussit son pari avec brio. Une mise en page agréable délivre quantité d'infos et nous fait découvrir notre musique préférée, toujours STRICTLY ROOTS AND CULTURE, jouée et apprécié il faut se rendre à l'évidence... partout !
Parce que Rastafari semble être indissociable du Reggae, Irie Up revient dans chaque parution sur un point historique du mouvement.
“Sans Rastafari, il n'aurait pas de Reggae. C'est simple. J'étais déjà journaliste lorsque j'ai commencé et écouter en profondeur du Reggae et j'ai entendu l'histoire de Haile Selassie. Je me suis dit que c'était l'histoire la plus extraordinaire que je n'avais jamais entendu, et que je devais m'y intéresser. Qu'est ce que celà signifie si le Tout-puissant vit sur la Terre durant le XXème siècle ? Cela change tout. Pourquoi fallait-il que ce soit les Jamaicains les premiers qui devaient devaient le clamer et le célébrer en créant une nouvelle musique? Comme Calman Scott le dit, le Reggae est la Musique du Roi [ndr Voir Irie UP Issue #1]. Nous voulons donc mettre en avant ces idées à nos lecteurs.”
ROOTSBLOGREGGAE vous propose le dernier numéro d' Irie Up Mars/Avril 2010 qui vient de paraitre avec un sommaire des plus alléchant , voyez plutôt !
Zion Train Setting the record straight
Interview : David Madden – Zap Pow The Reggae River Flows On
Reggaetown : Warsaw [Varsovie]
Quality Men – Don’t lose your style
Vibronics A scoop a day
Photostories from Dub Station
News from Australia, France, Finland, UK, Germany, Italy, Croatia
Reviews Roots, dub, revive and dubstep
Soundman Stories
Reggae History: Haile Selassie in Belgrade, 1961.
LONGUE VIE A Irie Up AND BIG UP !!!...
Interview avec Ronan Lynch réalisé par couriel le 15 mars 2010 par Jahgreg.
L'excellent site anglophone UNITED REGGAE accompagne sa nouvelle mouture par l'édition chaque début de mois, à compter de novembre 2010, d'un magazine numérique reprenant les faits marquants, les meilleurs articles, chroniques, revues publier dans le mois précédent... Au format pdf aisément imprimable, le magazine est clair, très bien illustré et rempli d'informations. Une nouvelle publication à suivre chaque mois et à ne pas manquer...
unitedreggae-magazine-02-HD.pdf
unitedreggae-magazine-03-LW.pdf
unitedreggae-magazine-01-HD.pdf
THE HEPTONES - Book of Rules Trojan 1973
RAS TAFARI ET LES 12 TRIBUS D’ISRAEL
Third Eyes Manifestation 2011.
Français, 40 pages N/B.
RAS TAFARI ET LES 12 TRIBUS D’ISRAEL explore l’organisation des TWELVE TRIBES OF ISRAEL fondée en 1968 par Vernon ‘Prophet Gad’ Garrington au cœur de Kingston, dans le ghetto de Trenchtown. Entre reasonnings, discours de Son HIM Haile Selassie I et articles traduits par Bro Karl Philpotts Naphtali, membre des Twelve Tribes of Israel, on découvre une mouvance occupant une place singulière au sein de la communauté Rastafari. Structurée et hiérarchisée, elle se distingue significativement des autres appartenances Rastafari en raison de son orientation résolument chrétienne. Haile Selassie est, selon Gad, une icône christique, le défunissant comme « le Christ dans sa dimension royale », sans être le Christ lui-même. « Sa Majesté ne sera pas le dernier roi car il n’est plus là aujourd’hui, d’autres rois viendront » déclare-t-il dans un entretien très intéressant diffusé en 1978 sur la radio yardie IrieFM en 1978 retranscrit dans le présent ouvrage.
Christianisme Rasta ou Rastafari chrétien, il est difficile de le définir. La Bible, lue et étudiée a chapter a day, est le seul et unique pilier de la doctrine élaborée par Gadman ouverte à tous, quelle que soit son origine raciale et sociale. Rappelons ici que l’organisation s’est nantie au fil du temps de nombreuses antennes internationales, comptant des milliers de membres et sympathisants de par le monde (outre la Jamaïque, les USA et le Royaume Uni, elle est représentée en Australie, Suisse, Trinidad et Tobago, Allemagne…). Dans cette perspective, l'égalité entre les sexes est de rigueur. Le port des dreadlocks, l'alimentation Ital, la consommation de ganja ne sont érigés en dogme. Ce sont des options facultatives auxquelles chacun est libre de souscrire. Pour Vernon Carrington Rastafari "is not a hair doctrine" et lui-même ne portait pas de locks.
Bien évidemment l’organisation entretien des liens étroits avec la musique. Possèdant son propre Sound System, Jahlovemusic (auquel collabore un certain Brigadier Jerry), qu’il n’est pas rare de voir à l’affiche de soirées, meetings et rencontres chapotés et estampillés 12 Tribes, comme le montre quantité de flyers et cartons d’invitation reproduits ici, elle s’essaye à la production dès les 70’s avec son label Orthodox sur lequel apparaissent des artistes membres de renom comme Israel Vibration, Judith Mowatt, Dan Hudson, Louis Griffith ou bien encore Ewan Naphtali.
Ce petit livre à livre à trimbaler partout aide à saisir les tenants et les aboutissants de l'édifice théologique des Douze Tribus, ce qui de premier abord n'est pas une mince affaire : références bibliques omniprésentes, ésotérisme chrétien, numérologie et astrologie. A ce propos il n’est pas question ici d’horoscope ni de thème astral : l'astrologie zodiacale est jugée "babylonienne". Aux 12 signes du zodiaque sumérien, Prophète Gad leur substitue les noms des douze fils de Jacob (Ruben, Siméon, Lévi...), chacun représentant une tribu. Chaque appartenance tribale est définie par le mois de naissance. Là encore, Dr Carrington opte pour un ancien calendrier égyptien commençant par le mois d'avril. En fonction de votre mois de naissance, vous représentez une tribu, impliquant diverses déterminations : couleur symbolique, partie du corps, fonction tribale et un apôtre. Ce réseau d'associations et de correspondances, ce système d'analogies lui serait apparu au cours d'une "vision ».
Ce livret de 40 pages, de belle facture et très largement illustré, propose un ensemble homogène de textes éducatifs qui pour certains, à l’image de l’interview de Vernon Carrington, ont valeur de document historique. Un premier effort d’une petite maison d’édition à soutenir. Une lecture plus que conseillée pour en savoir plus ou tout bonnement découvrir cette organisation emblématique, ses principes, sa doctrine et sa Livity.
-Témoignage et compréhension
-Signification du couronnement de sa majesté Impériale, l’Empereur Haile Selassie I.
-Reasoning
-Calendrier
-Docteur Vernon Carrington
-Prophète Gad
-Inner view with Gadman
-Ras Semblement
-Twelve Tribes Musik
-Au sujet de Zere Yacob
-Word Sound
Louis Griffith
My father eyes
from Twelves Tribes
Showcase Vol.1 Orthodox 197?
LE DEVELOPPEMENT DE L'ETHIOPIE
1941-1964 / TOME 1
Edition JAHNHOY 2011
224 pages illustrées/NB
14,5 x 12,5 cm (format CD)
Edité pour la première fois à Addis Abeba en 1964, cet opuscule est de nouveau disponible grace aux Editions Jahnhoy qui le propose dans une version trilingue, français, amharique et anglais. Illustré de nombreuses, très nombreuses, photos, ce premier volet compile une mine d'informations concernant l'Ethiopie et son fonctionnement politique, et relate les actions entreprises par l'Empereur Haile Selassie I et les différents ministères du gouvernement Impérial en terme de santé publique, d'agriculture, dénergie... Conçu par Hamere Selassie Bete Mariam avec le concours des départements de publications et d'audiovisuel du ministère de l'Information, cet ouvrage était depuis le soulement de 1974 de Mengistu, quasiment introuvable dans sa langue originelle, limite interdit durant une longue période!!!
UNE PREMIERE EDITION EN FRANCAIS POUR CE DOCUMENT HISTORIQUE EXCEPTIONNEL...
La transmission de la culture, du savoir, du dogme, de la tradition et de l'histoire du Mouvement Rastafari s'effectue avant tout au travers de l'oralité. Les Elders, en précieux gardiens, en sont les fiers défenseurs et légataires. Dès lors, les récits de témoins et/ou d'acteurs du Mouvement n'ont que très rarement fait l'objet de publication pourtant essentielle dans non seulement la compréhension du Mouvement mais dans un souci de conservation de la parole de ceux qui en sont les bâtisseurs. L'édition par JAHNHOY, en français, du livre de DOUGLAS MACK De Babylone à Rastafari – Origine et histoire du Mouvement Rastafari, vient enfin combler ce manque.
Publié initialement en 1999, le récit de Brother Duggie est un authentique témoignage d'un des plus influents et importants acteurs Rastafari des 60's. En effet, Douglas Mack fut non seulement un catalyseur de premier ordre pour les deux missions Back to Africa en 1961 et 1963 mais il y fut également l'émissaire, le représentant de la Communauté Rastafari.
Après un bref historique des origines du Mouvement et une explication sommaire des préceptes et dogmes Rastafari, Douglas Mack nous raconte tout simplement sa vie, son expérience, ses rencontres. Au travers ce récit, c'est tout un pan de l'Histoire du Mouvement qui s'ouvre à nous : les premiers camps (et leur fonctionnement), les traques et les humiliations, les espoirs et les joies lorsqu'enfin le Rédempteur pose le pied en terre yardie...
De Babylone à Rastafari Origine et histoire du Mouvement Rastafari est un livre INDISPENSABLE pour seulement une meilleure connaissance des fondations et préceptes Rastafari, mais également pour son apport à l'élévation des consciences...
CONSCIOUSNESS.
Webzine francophone consacré exclusivement à Rasta, Mäbräq (tonnerre, foudre, éclair, en Amharic, langue nationale d'Ethiopie), a connu une vie hélas trop éphémère en ne parraisant qu'une année, en 2006, à raison d'un par mois.
Ce journal en ligne francophone se donnait pour objectif la traduction de discours de HIM Haile Selassie I, de Marcus Garvey ; la publication de témoignages, d'interviews et de reasonings de Frères et Soeurs Rastas. Vous y trouviez des informations à propos de la livity Rastafari ; de l'Ethiopie,de l'amharique ; de l'Afrique et des héros noirs ; de l'activité et d'évênements et de tous sujets participant à l'édification de la Nation Rastafari dans le monde.
ROOTSBLOGREGGAE vous propose de retrouver l'intégralité de la publication au format pdf. En cliquant sur chacune des couvertures vous accéderez au document.
ROOTSBLOGREGGAE vous invite à diffuser et disribuer Mäbräq GRATUITEMENT ET SEULEMENT GRATUITEMENT !
Denis Gérard vit en Ethiopie où il a réuni une importante collection de photographies. En collaboration avec Richard Pankhurst, il publie en 1997 Ethiopia Photographed. - Historic Photographs of the Country and Its People Taken Between 1867 and 1935 aux éditions Kegan Paul International. Annoncé pour le mois d'octobre, c'est en ce début décembre que paraît son dernier ouvrage Ras Tafari – Haïlé Sélassié : Visages du dernier empereur d’Ethiopie aux éditions L’Archange Minotaure, dans la collection Aux Abyssinies.
Préfacé par Jean-Christophe Rufin à qui l'on doit l'extraordinaire roman L'Abyssin que je vous conseille de dévorer, et introduit par l’historien éthiopien Bahru Zawde, spécialiste de l'Ethiopie contemporaine, l'ouvrage regroupe plus de 260 photographies d'archives - en grande partie inédites , déroulant ainsi le fabuleux règne du jeune Tafari devenu Roi des rois d'Ethiopie. Ces clichés sont répartis et ordonés selon une logique thématique (faste, intimité, mythe...) et chronologique (naissance, couronnement, résistance contre l'Italie fasciste, création de l'Unité Africaine...) racontant ainsi le destin d'une des plus étonnantes figures du XXème siècle. devenue, de son vivant, une divinité pour les Rastas.
Rappelons succintement que Lij Tafari Makonnen est né en 1892 à Harar. A l'âge de 24 ans il devient gouverneur de province sous le nom de Ras Tafari. En quelque 15 années, il va se hisser au sommet du pouvoir et se fait sacrer Empereur à Addis Abeba en 1930. On le dit descendant de la fabuleuse dynastie des Salomonides issue des amours légendaires du Roi Salomon et de la Reine de Saba. Sous le nom de Haïlé Sélassié (puissance de la Trinité), il règne sur un vaste empire indépendant. En 1936, trahi par les “nations civilisées” qui abandonnent l'Ethiopie à l'armée de Mussolini, il incarne à la tribune de la Société des Nations, la résistance contre les fascismes. La paix et son empire reconquis, il participe à la création de l'ONU, à celle de l'Organisation de l'Unité Africaine, au mouvement des pays non alignés. Personnalité politique internationale de tout premier plan, il échouera pourtant en partie à transformer un royaume devenu anachronique. Il est déposé en 1974 par une junte militaro-marxiste et meurt assassiné dans des circonstances obscures. Avec lui disparaît l'un des derniers et des plus vieux empires.
Voici deux extraits du livre qui, nous le souhaitons vivement, ne manqueront pas de vous donner l'envie de feuilleter ce magnifique ouvrage :
“Cet homme est un pont. Toute sa vie et même après sa mort, il n'a pas cessé de réunir : l'Afrique et l'Europe, la monarchie et la république, le monde des dieux et celui des hommes, la tradition et la modernité, le passé le plus lointain et le futur le plus imprévisible. Haïlé Selassié fut le souverain d'un lieu, l'Ethiopie et d'une époque, qu'il a marquée, mais il est aussi un personnage universel et intemporel. On peut détourner pour lui le mot de souverain pontife, terme qui désigne un chef spirituel qui relie les humains et les lieux. Relier, religion, on est au coeur de ce qui constitue à la fois une activité humaine et la manifestation première du sacré.
Un pont entre l'Afrique et l'Europe, il faudrait mieux dire «l'Occident», Haïlé Selassié l'a d'abord été chez lui. Né dans l'Ethiopie de Ménélik, pays de haute tradition mais longtemps fermé aux influences étrangères, Haïlé Selassié sera celui qui ouvrira résolument son empire aux idées et aux objets du monde occidental. L'université, les langues, les sciences entreront en Éthiopie grâce à lui mais aussi les voitures, les avions, le cinéma. En soi, cette ouverture serait banale si, en retour, Haïlé Selassié n'avait pas équilibré l'échange en faisant entrer à son tour l'Éthiopie sur la scène mondiale. La guerre lui en donna la tragique occasion. Son discours à la SDN a été une véritable pour le monde entier. Ce pays lointain, inconnu, sauvage peut-être, prenait d'un coup et pour longtemps la voix, la silhouette, la force, de ce petit homme raffiné au beau visage antique.
Un pont entre la monarchie et la république. L'a-t-il voulu ou fut-ce un évolution inévitable ? Le fait est qu'Haïle Selassié a porté à l'extrême l'exercice du pouvoir monarchique et que, ce faisant, il a crée les conditions de la révolution qui l'a emporté. C'est une figure bien connue des politologues que celle du «tyran modernisateur», décrite par Leo Strauss.”
“Tafari est le nom que sa mère Yeshimabet lui a donné à sa naissance. Comme c'est souvent le cas en Ethiopie, ce nom a une signification : «Il sera craint». Haïlé Selassié (ou «Puissance de La Trinité») est son nom de baptême ; il ne sera utilisé publiquement qu'à partir du jour où il sera couronné empereur ou Roi des rois en 1930). Le ras Makonnen, son père, est un «moderniste», il confie l'éducation de son fils Tafari à Monseigneur Jarrosseau, l'évêque capucin de Harar. Ce dernier lui enseigne le français, qui deviendra sa langue de prédilection, les mathématiques, les sciences ; abba Samuel, un autre missionnaire capucin (de nationalité éthiopienne), s'occupera de son éducation traditionnelle : l'amharique, le gheze (la langue liturgique), l'histoire de l'Ethiopie, les usages. Tafari est studieux et apprend vite.
Lorsque son père meurt en 1906, il n'a pas encore 14 ans. Il quitte Harar pour Addis-Abeba où l'empereur Ménélik II le prendra sous son aile (il est son “petit cousin”). Il poursuit ses études à l'école Ménélik et assiste avec intérêt aux séances de la cour de justice royale (le tchi-loi). Lorsqu'il revient au palais, il partage ses repas avec d'autres jeunes princes ; avec lidj Yassou notamment, le petit-fils de l'empereur qui peut prétendre au trône. Yassou était un peu plus âgé que Tafari, préférant la chasse, les filles et la bonne chère aux études. Un complexe de supériorité vis-à-vis de Tafari, le frêle intellectuel, le rend provocateur. «Il le tapait sur la tête pour l'obliger à manger de la viande crue et à boire du tedj (l'hydromel local), il le traitait de minus. Tafari, ne répondait pas, restait sur sa réserve, attendait...» affirme aujourd'hui lidj Boyalew, le fils de l'un des compagnons des deux princes.”
Le livre de Denis Gérard regroupe des photographies de collections personnelles et n’ayant encore jamais été éditées ce qui ajoute à la richesse et au caractère exceptionnel de cet ouvrage qui apporte des repères et des notions clés sur la vie de l’Empereur. Il y adopte un ton neutre pour évoquer les différentes facettes d'un homme véritable figure mythique pour les Rastas, despote et autocrate rétrograde éclairé pour d'autre... INDISPENSABLE !
.
En 1978, Ray Hufford édite à Londres le premier numéro de son fanzine Small Axe qui va devenir au fil des publications une référence incontournable pour toute une génération d'afficionados. Ce passionné et collectionneur, vient de publier en 2009 deux livres : THE SMALL AXE REGGAE ALBUM GUIDE en collaboration avec Joakim Kalcidis et THE SMALL AXE GUIDE TO ROCKSTEADY de Chuck Foster. A peine sortie des rotatives, ces deux ouvrages sont pour ainsi dire épuisés... ENFIN PRESQUE !!!
C'est à la maison familiale, où on l'écoutait volontier Fats Domino ou Lloyd Price et beaucoup de musique de Nouvelle-Orléans, que Ray découvre la musique jamaïcaine au travers du petit écran : en ce soir de 1968, à peine voit-il Desmond Dekker chanter 007, que le jeune londonien contracte une Reggaeite aigue ! A partir de ce moment, il va amasser les 7'' glanés dans les boutiques spécialisées.
Si en terre anglo-saxonne les publications consacrées au Reggae 70's, en plus d'être souvent éphémères, se comptent sur les doigts d'une seule main à l'image de Pressure Drop du journaliste Penny Reel, Rebel Musice de Dave Hendley ou encore Ital Rockers de Dougie Thompson, c'est en réaction à une presse muisicale passant sous silence la musique jamaïcaine en pleine age d'or, que Ray Hufford se lance dans la réalisation de son fanzine et sort le premier volet en septembre 1978. Jusqu'en octobre 1989, vont suivrent 27 numéros. Chose détermenante dans l'histoire de Small Axe il va être distribué jusqu'en Finlande, par Tero Kaski propriétaire du label et magasin Black Star à Helsinki. Ce dernier en s'installant à Londres en 1981, propose à notre passionné son aide dans la conception graphique et la mise en page, problème majeur de Ray dans la publication de son zine en vue du coût de la prestation à une époque où le scan est au rang du film d'anticipation. Leur collaboration débute pour le volume 13 avec Yellowman en couverture. Fourmillant d'infos, chaque numéro est parsemé d'interview que réalisait Ray en terre britanique, auprès d'artistes installés ou bien de passage.
A la fin des 80's, deux années avant la fin de la première série de son fanzine, Ray et Tero publie en 1987 leur premier livre : More Axe, qui regroupe approximativement les 5 premiers numéros de Small Axe. Suivront ,aux articles totalement inédits, More Axe 7 en 1989 puis More Axe 8 l'année suivante, dernier volet Tribute ToThe Fencebeater en collaboration avec un de ses très bons amis Colin Moore, qui vient de disparaître en avril de cette année des suites d'une crise cardiaque.
Après 10 longues années de sommeil, Small Axe refait surfface à la fin des 90's. Entre 1999 et 2000, Ray et Tero commettent de nouveau 5 numéros du Small Axe, le dernier publié quelques mois seulement avant le décès de Tero Kaski en 2001. Cette même année, en amateur invétéré de versions, Ray réalise un rêve de jeunesse : il crée son propre label, Small Axe People, consacré logiquement à cette spécificité de la musique jamaicaine.
Administrant son site Small Axe People et collaborant avec Jim Dooley, Chuck Foster, John Williams, Carter Van Pelt, Beth Kingston ou encore David Katz - parmis d'autres, Ray n'a jamais quitter l'édition, et pour preuve les deux ouvrages qu'il a édité au cours de cette année 2009 : THE SMALL AXE REGGAE ALBUM GUIDE – DEEJAYS et THE SMALL AXE GUIDE TO ROCKSTEADY.
bIEN Avant voit le riddim devenir le Roi des Sound System faisant du DEEJAY son vassal, la musique jamaïquaine qui ne s'est pas toujours nommée Reggae (!), connu évidemment différentes éres musicales bien distinctes et spécifiques. C'est à l'une de ses éres pré-Reggae, que fait référence l'ouvrage de Chuck Foster, THE SMALL AXE GUIDE TO ROCKSTEADY, publié par Ray Hufford.
Née au début des 50's avec les premiers enregistrements de Mento, l'industrie discographique jamaïquaine, après de premiers efforts trop peu récompensés par le succès, explose littéralement avec l'avènement du Ska, Shuffle jamaïquain teinté de Mento, inspiré de Jazz, Rythm'n'Blues et autre Soul américaine. Quelques années plus tard, il laisse la place au ROCKSTEADY au tempo un peu plus lent. Jusqu'en 1968, ce style va déchaîner tout autant le public des Sound System que les acteurs de cette scène musicale pour enfin accoucher du Reggae.
Replaçant Rocksteady dans son contexte, Chuck Foster pointe du doigt la plus part des acteurs de la période. Son approche de Chuck Foster se decline en cinq parties logiques : l'histoire du ROCKSTEADY, ses producteurs, ses musiciens de studios, ses chanteurs, son influence sur les styles qui l'ont suivi et enfin une très belle et complète selection...
Très largement illustré de photo et cover, THE SMALL AXE GUIDE TO ROCKSTEADY rend un belle hommage une période musicale yardie trop peu exposée au grand public. Et pourtant : en à peine deux ans, de l'usine de pressage locale WIRL & FEDERAL sont sortis 5500 7'', sans compter les pressages faits depuis l'Angleterre estimé par Roger Dalke à 200 ! Cette ére est celle des débuts pour beaucoup des Stars du Reggae, des luttes sans merci pour être LE des meilleurs Sound System ; de l'apparition dans les ghettos, de cette gangrenne responsable de temps de maux dans la socioété jamaicaine, qu'est la politique ; non seulement quasi père de notre musique préférée mais également
influence prépodérente du mouvement Skinhead en 1968 à Londres.
Cet ancien journaliste du magazine Beat, auteur de l'excellent Roots Rock Reggae : An oral history of Reggae music from Ska to Dancehall publié en 1999 chez Billboard Books, livre ici un ouvrage tout bonnement necéssaire.
THE SMALL AXE REGGAE ALBUM GUIDE – DEEJAYS, faisant suite à un premier volet consacré aux chanteurs [The Small Axe Reggae Album Guide – Singers] édité en 1996, ressence 433 albums de DEEJAYS sortis entre 1971 et 2008. Chaque opus sélectionné, posséde son synopsis, sa chronique et certains, les plus chanceux, sont affublés de leur cover. Par ordre alphabétique, THE SMALL AXE REGGAE ALBUM GUIDE – DEEJAYS égrenne tout un pan de la musique jamaïcaine, cette culture née à l'explosion des Sound System, dès la fin des 50's dans les quartiers les plus pauvres de Kingston. Le livre ne débute qu'en 1971 avec Dennis Alcapone et U Roy, pour la seule raison que le Toaster (Deejay en Jamaïque!) qu'il faut attendre le fin des 60's pour voir presser les premiers 7'' exclusivements toastés! De plus, cette sélection fait le choix de présenter uniquement des albums disponibles au moins en cds.
Pour n'oublier personne, le Guide liste une quantité impressionnante de Deejays, qui sans pour autant avoir sortis d'albums, ont pu ET ont du irrémédiablement influencer ce style, qui sans nul doute possible est une des composante de la culture Rap/Hip Hop.
Évidemment, sélection oblige, parmi ces 433 choix, certains sont toujours contestables, principe même de l'exercice et ce qui fait tout le charme de l'ouvrage. Établi en collaboration avec Joakim Kalcidis, administrant le très bon site Reggaepedia, en tenant compte de l'avis et l'expertise de passionnés du monde entier, THE SMALL AXE REGGAE ALBUM GUIDE – DEEJAYS est incontournable à tout passionné ou simple curieux afin de découvrir comment des chanteurs ont su dompter le micro pour céer plus qu'un style, un Art, qui va non seulement influencer toute la musique yardie à partir de la fin des 70's mais aussi établir les fondation de ce genre qu'est le Dancehall qui voit le jour au milieu des 80's...
Après les volets consacrés aux Singers, au Rocksteady et au Dub, l'éditeur, musicien et écrivain Ray Hurford poursuit sa série THE SMALL AXE GUIDE TO pour se pencher sur le REGGAE entre 1968 et 1970.
En 200 pages, Ray Hurford creuse au plus profond ces 2 première année de l'ère Reggae, celle du Early Reggae. Beaucoup des références présentées et décortiquées ici sont sortis sur des labels britanniques tel Trojan ou Pama. Il faut dire que la Grande-Bretagne, du fait de sa population immigrée originaire des Caraïbes, est le prolongement du marché de l'industrie discographique jamaïquaine... Pensez donc : durant cette période de 2 ans, près de 4900 titres son sortis en Jamaïque ET sur le marché anglais!!! Le Early Reggae va rapidement trouver ses amateurs au sein de la communauté West Isndies mais également auprès du mouvement skinhead ce qui lui vaudra le sobriquet de Skinhead Reggae.
THE SMALL AXE GUIDE TO REGGAE 1968-1970 explore ainsi plus d'une centaine de profils de chanteurs, groupes, musiciens, deejays et producteurs qui ont marqué la période. A côté de noms incontournables comme Laurel Aitkens, Desmond Dekker ou bien Derrick Morgan, Ray Hurford s'attarde sur des artistes, moins connus, Denzel Denis, Ken Parker ou bien encore Bruce Ruffin mais tout aussi talentueux. THE SMALL AXE GUIDE TO REGGAE propose une plongée minutieuse au coeur d'une période cruciale, peut-être la plus importante, de l'histoire de notre musique préférée. Un temps où Reggae s'écrivait reggay... Le temps de l'avènement des Sound System, de la version, des toasters... Quand le Reggae était Prince!!!
Après un livre sur le Rocksteady et un second centré sur les Deejays, et plus derniérement avec More Axe 2 (disponible sur le SHOP ) Ray Hufford vient ajouter un nouveau volet à sa serie Small Axe Guide consacré au Dub écrit par le canadien Jim Dooley. Small Axe Guide To Dub répertorie et décortique 125 albums Dub. Vous vous direz sans doute que ces 125 opus sont une goutte d'eau dans l'oceanique production jamaïcaine et vous aurez parfaitement raison ! Mais Dooley, il s'en défend dès son introduction, ne tente en aucun cas ici de lister et d'examiner tous les albums dub jamais sortis... Il lui aurait fallu largement plus que les 200 pages format A5 qui composent l'ouvrage ! Jim Dooley se fraye un chemin dans cette forêt dense plantée de galettes des plus obsures et de classiques intemporels en dévoilant ce qui se cache sous leur écorce cartonnée. Tel un dendrochronologue, notre auteur étudie, inspecte chaque sillon gravé à jamais dans la sève noire. Pour mieux saisir l'histoire et le développement spectaculaire de ce genre musical, souvent mal compris, Jim Dooley livre un travail de xylophage se creusant une galerie dans les méandres et interstices naturels de la musique jamaïcaine alors à son apogée, des 70's et du début des 80's pour suivre son évolution au travers d'essence plus jeune !
On pourrait débattre sur la sélection ici présentée par Dooley... De toutes les façons, il manquera toujours un album, il y en aura toujours un de trop ! Force est de reconnaitre la qualité et du travail de l'auteur qui nous donne des pistes, des indices pour susciter ainsi notre curiosité, notre enthousiasme...INDISPENSABLE !
Si c'est habituellement c'est lui qui pose les questions, cette fois-ci c'est à celles de ROOTSBLOGREGGAE que Jim Dooley a eul'aimable gentillesse de répondre ! Rencontre...
Si c'est habituellement c'est lui qui pose les questions, cette fois-ci c'est à celles de ROOTSBLOGREGGAE que Jim Dooley a eu l'aimable gentillesse de répondre ! Rencontre...
Où es-tu né Jim? Où as-tu grandi?
Je suis né en 1964 à Lachine, Québec, Canada, qui pour ainsi dire fait partie de la ville de Montréal. J'ai grandi dans la campagne à environ 70 kilomètres au sud de Montréal ... dans une petite ville appelée Huntingdon, une zone rurale agricole. A l'age d'une vingtaine d'année, j'ai déménagé à Ottawa où j'ai travaillé un certain nombre d'années comme technicien en informatique. En 2001, j'ai quitté cet emploi pour étudier à l'université où j'ai passé un baccalauréat en sciences politiques puis une maîtrise en économie politique. Depuis que j'ai quitté le milieu scolaire en 2008, j'ai eu quelques emplois à temps partiel et un couple de contrats à court terme avec l'UNICEF Canada.
De quelle manière le Reggae et la musique jamaïcaine ce sont-ils immiscés dans ta vie?