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WAR 1976

 Le 1er janvier 2001 sortait  l'album War crédité à Haile Selassie I feat. Bob Marley and The Wailers, fruit d'une idée de génie de l'un des spécialistes français du Reggae, Bruno Blum. Le concept de ce one riddim album est fort simple mais d'une efficacité redoutable : prenez un riddim de Bob Marley and The Wailers, en l'occurence le sublime War,  faites poser dessus Son H.I.M. Haile Selassie, Bob Marley, Big Youth, Buffalo Bill et Bruno Blum, vous obtiendrez un superbe opus plein d'émotion. 
Vous nous direz : "Encore un album posthume du Gong de morceaux captés dans sa cuisine ou sous la douche !". Et bien non!  Pour l'occasion le riddim a été réenregistré en 1997 par les Wailers (Mikey "Boo" Richards, Aston "Family Man" Barrett et Wire Lindo) et pressé en single en Jamaïque sur le label de Blum, Human Spirit : Rastafari Records, 7" qui eut un fort succès dans les Sound System yardies et britaniques. Le choix du riddim n'est surtout pas anodin, et encore moins commercial. En fait, l'idée vient de Bob Marley lui-même. En 1976 sort  l'album Rastaman Vibration comprenant le titre dont le texte est emprunté à  un discours que prononça Son H.I.M. Haile Selassie I à l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, New York City, le 6 octobre 1963...

 

 

"Un homme petit et frêle, d’une altière raideur dans sa démarche, monte à la tribune. Le visage respire l’autorité et l’intelligence. Le front large est auréolé par des touffes de cheveux crépus, à peine blanchis par l’âge ; la barbe, drue, accentue la forme triangulaire du crâne. Tout en lisant un texte d’une voix monocorde, l’orateur tourne de temps à autre vers l’assistance un regard empreint d’une grande mélancolie. Une centaine de rois, de présidents de république, de chefs de gouvernement, de ministres et d’ambassadeurs l’écoutent dans un profond silence, avec une attention soutenue. A la fin de son discours, l’empereur Haïlé Sélassié quitte la tribune de la conférence des pays non alignés, applaudi chaleureusement par les représentants de quelque cinquante-sept Etats d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique. " Le Monde Diplomatique Novembre 1964 SUPPLÉMENT / L’Éthiopie, bastion de l’indépendance africaine

L’empereur éthiopien Haile Selassie a effectué six visites officielles aux États-Unis entre 1954 et 1973. La réception de son hôte américain, le président des États-Unis, a reflété les attitudes officielles des États-Unis à l’égard de l’Afrique en général et de l’Éthiopie plus particulièrement l'ère de la guerre froide. Chaque visite est une histoire particulière, un brin qui tisse un tissu structuré de l’histoire et des relations étrangères des deux pays. La diplomatie personnelle de l'empereur lors de ses visites d'Etat à Eisenhower en 1954, à Kennedy en 1963, à Johnson en 1967 et à Nixon en 1969, 1970 et 1973 produisit des résultats variés qui démontraient la profondeur de la confiance mutuelle entre les deux nations. la célébrité internationale de Haile Selassie.

     Monsieur le Président, chers délégués,

 

 Il y a 27 ans, en tant qu'empereur d'Éthiopie, je suis monté à la tribune de Genève en Suisse pour m'adresser à la Société des Nations et lui demander de mettre fin à la destruction qu'infligeait à ma nation sans défense l'envahisseur fasciste. C'était à l'époque tout autant un appel à la conscience mondiale qu'un plaidoyer en sa faveur. A l'époque mes paroles n'ont pas été entendues, mais l'histoire est là pour témoigner combien était justifié l'avertissement que je lançais en 1936.


 Aujourd'hui, je me retrouve devant l'Organisation mondiale des Nations Unies qui a su se débarrasser des o r i peaux dont s'affublait la précédente organisation discréditée. Sous sa forme nouvelle se trouve inscrit le principe de sécurité collective que j'invoquais vainement à Genève. Ici, dans cette assemblée, réside le meilleur espoir - peut-être le dernier - en une survivance pacifique de l'humanité.


Je déclarais en 1936 que ce n'était pas le Pacte de la Société des Nations qui était en cause, mais bien la moralité internationale. Les engagements, disais-je alors, ne valent pas grand chose quand manque la volonté de les tenir. La Charte de l'Organisation des Nations Unies exprime les plus nobles aspirations de l'homme : la renonciation à la force pour régler les dissensions entre états ; le respect pour tous des droits et des libertés fondamentaux de l'homme, sans distinction de race, de sexe, de langue ni de religion ; la sauvegarde de la paix et de la sécurité internationales.


Mais tout cela, comme l'étaient les termes du Pacte, ne sont que des mots : leur valeur dépend entièrement de notre volonté de les observer, les respecter et de leur donner contenu et sens. Préserver la paix et garantir les droits et les libertés fondamentaux de l'homme demande du courage et une vigilance permanente : avoir le courage de parler et d'agir - et si nécessaire, de souffrir et mourir - pour la vérité et la justice ; une vigilance permanente pour que ne reste pas inaperçue et sans remède la moindre atteinte à la moralité internationale. Ces leçons doivent être réapprises à nouveau par chaque génération successive, et bienheureuse la génération qui peut apprendre des autres plutôt que d'une expérience personnelle amère. Cette Organisation et chacun de ses membres portent une responsabilité écrasante et terrifiante : celle d'assimiler la sagesse qu'enseigne l'histoire et de l'appliquer aux problèmes du présent, afin que les générations futures puissent naître, vivre et mourir en paix.
Le bilan de ce que l'ONU a réalisé dans les courtes années de son existence offre une base solide, encourageante et pleine d'espoir pour le futur. L'ONU a osé agir là où la Société des Nations n'avait pas osé le faire en Palestine, en Corée, à Suez, au Congo. Il n'est personne aujourd'hui parmi nous qui ne compte sur les réactions de cette institution lorsque les motifs et les actes sont en question. L'avis de cette Organisation exerce aujourd'hui une influence certaine sur les décisions de ses membres. Le coup de projecteur en direction de l'opinion mondiale braqué par l'ONU sur les transgressions commises par les renégats de la société humaine a constitué jusqu'à présent une sauvegarde effective contre l'agression non réprimée et la violation sans freins des droits de l'homme.


L'ONU continue d'être ce forum auprès duquel les nations dont les intérêts divergent peuvent exposer leur cas devant l'opinion mondiale. Elle constitue toujours la valve de sécurité essentielle, sans laquelle la lente accumulation des pressions aurait depuis longtemps explosé de façon catastrophique. Ses actes et ses décisions ont hâté la libération de nombreux peuples dans les continents d'Afrique et d'Asie. Ses efforts ont contribué à améliorer le niveau de vie des peuples aux quatre coins du monde.
 De cela, tous les hommes doivent être reconnaissants. Vus d'aujourd'hui, comme les souvenirs de 1936 semblent vagues et lointains ! Comme les attitudes des hommes ont changé ! Nous vivions alors dans une atmosphère de pessimisme oppressant. Aujourd'hui, l'esprit qui prévaut est un optimisme prudent mais ferme. Pourtant, chacun de nous ici sait que ce qui a été accompli ne suffit pas.


Les jugements rendus par l'ONU sont et continuent d'être décevants dans la mesure où certains états membres n'ont pas tenu compte de ses injonctions et de ses recommandations. Les ressorts de l'ONU ont été affaiblis dans la mesure où certains des états membres ont failli à leurs obligations envers elle. L'autorité de l'ONU a été bafouée dans la mesure où certains états membres ont continué à poursuivre leurs propres objectifs en violation de ses injonctions. Les problèmes qui continuent à nous tourmenter contaminent tous les états membres de l'Organisation, mais l'ONU elle-même reste incapable d'imposer des solutions acceptables. En tant que source et rempart du droit international, ce que l'ONU a accompli reste encore éloigné de notre but, constituer une communauté internationale de nations.


Cela ne veut pas dire que l'ONU a échoué. J'ai vécu trop longtemps pour nourrir beaucoup d'illusions quant à la grandeur d'âme des hommes une fois confrontés à la question du contrôle de leur sécurité, et de leurs intérêts propres. Même encore maintenant, où tout est si fragile, beaucoup de nations répugnent à remettre leur destinée en d'autres mains.
Pourtant, tel est l'ultimatum qui se présente à nous : renforcer la sécurité des conditions par lesquelles les hommes remettront leur sécurité entre les mains d'une entité plus large, ou risquer l'anéantissement ; convaincre les hommes que leur seul salut réside en la subordination de leurs intérêts nationaux et locaux aux intérêts de l'humanité, ou bien mettre en péril le futur de l'homme. Tels sont les objectifs, hier inaccessibles, aujourd'hui essentiels, auxquels il nous faut travailler.

 

Tant que cela ne sera pas réalisé, le futur de l'humanité restera hasardeux et la paix durable pure spéculation. Il n'existe aucune formule magique particulière, aucune étape simple à franchir, ni aucuns mots - qu'ils soient inscrits dans la Charte de l'ONU, ou dans un traité entre états - qui puissent nous donner automatiquement la garantie que nous recherchons. La paix est un problème à résoudre au jour le jour, le produit d'une multitude d'événements et de jugements. La paix n'est pas un "état" , elle est un "devenir". Nous ne pouvons pas échapper à la terrifiante probabilité d'une catastrophe due à des erreurs de pronostic, mais nous pouvons prendre les bonnes décisions sur une foule de problèmes particuliers que pose chaque jour nouveau, et contribuer ainsi, et peut-être de la seule façon raisonnable en 1963, à la préservation de la paix. C'est en cela que l'ONU nous a rendu service, pas parfaitement, mais bien . En même temps que nous consolidons les formes qui permettront à l'Organisation de mieux nous servir, nous servons et rendons plus proches nos objectifs les plus précieux.

 

J'aimerais mentionner aujourd'hui brièvement deux cas particuliers qui nous concernent tous, nous humains : le désarmement et l'établissement d'une vraie égalité entre les hommes. Le désarmement est devenu l'urgence de notre époque. Je ne veux pas dire par là que je croie que l'absence d'armes équivale à la paix, ni que mettre fin à l'armement nucléaire garantisse automatiquement la paix, ni que l'élimination des têtes nucléaires des arsenaux du monde amènera dans son sillage le changement d'attitude qui est le préalable indispensable au règlement pacifique des querelles entre nations. Si le désarmement est vital aujourd'hui, c'est tout simplement à cause des immenses capacités destructrices dont disposent actuellement les hommes.


L'Éthiopie soutient le Traité interdisant les essais nucléaires dans l'atmosphère en tant qu'étape vers ce but, même si ce n'est qu'une étape partielle. Les nations peuvent toujours mettre au point des armes de destruction massive avec des essais souterrains, il n'y a aucune garantie contre la reprise soudaine et sans préavis des tests atmosphériques.
La vraie portée du Traité est de mettre en place un gel tacite entre les nations qui l'ont négocié, un gel qui prend acte de cette réalité brutale à laquelle on ne peut se soustraire : personne n'échapperait à la destruction totale qui serait notre sort commun en cas de guerre nucléaire, un gel qui nous offre à nous et aux Nations unies un espace de respiration dans lequel agir.
Telle est l'opportunité qui s'offre à nous et le défi qui nous est lancé. Si les puissances nucléaires sont prêtes à déclarer une trêve, profitons-en pour renforcer les institutions et les procédures qui offriront le moyen de régler les conflits entre les hommes. Il y aura toujours de nouveaux conflits entre les nations. Le problème qui se pose en réalité est de savoir s'ils doivent être résolus par la force, ou bien par le recours à des procédures et des méthodes pacifiques, appliquées par des institutions impartiales. L'ONU est elle-même la plus grande de ces institutions, ce sont des Nations unies plus puissantes que nous recherchons, et c'est là que nous trouverons l'assurance d'un futur pacifique.


Si un désarmement réel et effectif était atteint, et que les fonds actuellement dépensés pour l'armement étaient consacrés à l'amélioration de la vie des hommes, si nous nous consacrions exclusivement aux usages pacifiques du savoir nucléaire, combien profondément et rapidement nous pourrions transformer les conditions de l'humanité ! Ce devrait être notre objectif.
Pour ce qui est de l'égalité entre les hommes, là aussi il y a un défi et une opportunité à saisir ; le défi est d'insuffler une vie nouvelle aux idéaux déjà inscrits dans la Charte, l'opportunité est de rapprocher les hommes de la liberté et de la vraie égalité, et par conséquent de l'amour de la paix.


L'égalité entre les hommes que nous visons est à l'opposé de l'exploitation d'un peuple par un autre, dont les pages de l'histoire, et en particulier celles écrites sur les continents d'Afrique et d'Asie, nous parlent si abondamment. L'exploitation ainsi considérée présente plusieurs aspects, mais quelque soit la forme qu'il prenne, ce fléau doit être évité là où il n'existe pas et éradiqué là où il existe. L'ONU a pour devoir sacré de garantir que le rêve d'égalité finisse par être réalisé pour tous les hommes auxquels il est encore dénié, et de garantir que l'exploitation ne renaisse pas sous de nouvelles formes là où elle a déjà été abolie.


Qu'une Afrique libre ait émergé dans la décade passée a été un coup de plus porté à l'exploitation, là où elle existe encore. Et en une interaction si fréquente dans l'histoire, cela a en retour stimulé et encouragé les peuples laissés dans la dépendance à renouveler leurs efforts pour secouer le joug qui les a oppressés et pour revendiquer comme droit de naissance les deux idéaux jumeaux de liberté et d'égalité. Ce seul combat est un combat pour établir la paix, et tant que la victoire ne sera pas assurée, la fraternité et la compréhension entre les peuples qui seules nourrissent et donnent vie à la paix, ne pourront être que partielles et incomplètes.


War-HSI.jpg Aux Etats-Unis d'Amérique, l'administration du Président Kennedy mène une lutte vigoureuse pour éradiquer les derniers vestiges de la discrimination raciale de son pays. Nous savons que ce combat sera gagné et que le droit triomphera. En ces temps d'épreuves, de tels efforts doivent être encouragés et soutenus, et nous devrions accorder aujourd'hui notre sympathie et notre soutien au gouvernement américain.


En mai dernier, à Addis-Abeba, fût convenu une rencontre entre Chefs d'état et Gouvernements Africains. En trois jours, les 32 nations représentées à cette Conférence ont démontré au monde que, lorsque le désir et la détermination existent, les nations et les peuples venus d'horizons différents peuvent et pourront travailler ensemble en harmonie, à la réalisation d'objectifs communs et à la garantie de l'égalité et de la fraternité que nous désirons.


Bien que nos positions vis-à-vis des deux blocs soient considérées comme neutres, notre histoire atteste du fait que nous nous sommes toujours efforcés de coopérer avec toutes les nations sans exception. Ainsi, un des principes fondamentaux sur lequel nous nous sommes mis d'accord au Sommet d'Addis-Abeba est notre désir fondamental de vivre en harmonie et en coopération avec tous les états. 


A propos de la discrimination raciale, la conférence d'Addis-Abeba à enseigné à ceux qui veulent apprendre cette autre leçon : Tant que la philosophie qui fait la distinction entre une race supérieure et une autre inférieure ne sera pas finalement et pour toujours discréditée et abandonnée ; tant qu'il y aura encore dans certaines nations des citoyens de première et de seconde classe ; tant que la couleur de la peau d'un homme n'aura pas plus de signification que la couleur de ses yeux ; tant que les droits fondamentaux de l'homme ne seront pas également garantis à tous sans distinction de race ; Jusqu'à ce jour le rêve d'une paix durable, d'une citoyenneté mondiale et d'une rêgle de moralité internationale, ne restera qu'une illusion fugitive que l'on poursuit sans jamais l'atteindre. Et tant que les régimes ignobles et sinistres qui tiennent en esclavage nos frêres en Angola, Mozambique et Afrique du Sud n'auront pas été renversés et détruits ; et tant que le fanatisme, les préjugés, la malveillance et les intérêts personnels n'auront pas été remplacés par la compréhension, la tolérance et la bonne volonté ; tant que tous les africains ne pourront pas se lever et s'exprimer comme des êtres humains libres, égaux aux yeux de tous les hommes comme ils le sont aux yeux de Dieu ; jusqu'à ce jour, le continent africain ne connaîtra pas la paix. Nous Africains, nous battrons si nécessaire, et nous savons que nous vaincrons, tant nous avons confiance en la victoire du bien sur le mal.


L'ONU a beaucoup fait, aussi bien directement qu'indirectement, pour accélérer la disparition de la discrimination et de l'oppression sur terre. Sans l'opportunité qu'elle offre de concentrer l'opinion mondiale sur l'Afrique et l'Asie, l'objectif serait resté pour beaucoup encore très lointain, et le combat aurait pris encore plus de temps. De cela, nous sommes réellement reconnaissants.


Mais on peut faire plus. La base de la discrimination raciale et du colonialisme a toujours été économique, et c'est avec des armes économiques que ces fléaux ont été et peuvent être surmontés. A la suite des résolutions adoptées à la Conférence au Sommet d'Addis-Abeba, les états Africains ont pris plusieurs mesures économiques, qui - si elles étaient adoptées par tous les états membres des Nations unies - transformeraient rapidement l'intransigeance en raison. Je demande aujourd'hui que chaque nation représentée ici prouve son attachement aux principes énoncés par la Charte en adhérant à ces mesures.


Je ne crois pas que le Portugal ni l'Afrique du Sud soient prêts au suicide, qu'il soit physique ou économique, s'il existe à cela des alternatives honorables et raisonnables. Je crois que de telles alternatives peuvent être trouvées. Mais je sais aussi que les conseils en faveur de la modération et de la tempérance ne seront rien si l'on n'a pas trouvé de solutions pacifiques ; et ce serait là un nouveau coup infligé à cette Organisation, qui freinerait et affaiblirait toujours plus son utilité dans la lutte pour assurer la victoire de la paix et de la liberté sur les forces de la dissension et de l'oppression. Telle est maintenant l'opportunité qui se présente à nous. Nous devons agir pendant que nous le pouvons, pendant que l'occasion existe d'exercer les pressions légitimes qui sont entre nos mains, de peur que le temps ne passe et ne nous pousse à recourir à des procédés moins heureux.
L'ONU possède-t-elle aujourd'hui l'autorité et la volonté d'agir ? Et si elle n'en dispose pas, sommes-nous prêts à lui conférer le pouvoir de créer et de renforcer le droit ? Où bien la Charte n'est-elle qu'une simple collection de mots, sans contenu ni substance, parce que manque l'esprit ? Le temps qui nous reste pour poser ces questions est déjà trop court. L'histoire est remplie de pages qui nous montrent que les événements indésirables que l'on voulait éviter sont arrivés parce que les hommes ont attendu pour agir qu'il soit trop tard. Nous ne pouvons nous permettre un tel délai.


Si nous voulons survivre, cette Organisation doit survivre. Pour survivre, elle doit être renforcée. Son pouvoir exécutif doit être investi d'une grande autorité. Les moyens permettant de donner plus de poids à ses décisions doivent être renforcés, et s'ils n'existent pas, inventés. Il faut établir des procédures pour protéger le petit et le faible lorsqu'il est menacé par le fort et le puissant. Toutes les nations remplissant les conditions de membres doivent être admises et autorisées à siéger à cette Assemblée. L'égalité de représentation doit être assurée dans chacun de ses organes. Toutes les possibilités qu'offre l'ONU de trouver un moyen par lequel l'affamé serait nourri, le nu habillé, l'ignorant instruit, doivent être évaluées et exploitées car la fleur de la paix ne se nourrit pas de pouvoir ni de cupidité. Réaliser cela exige du courage et de la confiance. Le courage, je crois, nous l'avons. La confiance doit être créée, et pour créer la confiance, nous devons agir courageusement.


Les grandes nations du monde feraient bien de se souvenir qu'en ces temps modernes, même leur propre destin n'est pas entièrement entre leurs mains. La paix réclame les efforts réunis de nous tous. Qui peut prévoir quelle étincelle mettrait le feu aux poudres ? Les petits et les faibles ne sont pas les seuls à devoir observer scrupuleusement leurs obligations envers l'ONU, et les uns envers les autres. Tant que les plus petites nations ne se verront pas attribuer une voix propre dans le règlement des problèmes mondiaux, tant que l'égalité que l'Afrique et l'Asie ont conquise par la lutte ne sera pas reflétée dans une participation élargie à l'institution que représente l'ONU, la confiance sera d'autant plus difficile à obtenir. Tant que les droits du dernier des hommes ne seront pas protégés avec autant de zèle que ceux du plus grand, les graines de la confiance échoueront sur un sol stérile.


Le sort de chacun de nous est le même - la vie ou la mort. Nous souhaitons tous vivre. Nous tous un monde où les hommes seraient libérés des fardeaux de l'ignorance, de la pauvreté, de la faim et de la maladie. Et nous aurons tous hâte d'échapper à la pluie mortelle des retombées nucléaires si la catastrophe s'abattait sur nous.


Lorsque j'ai parlé à Genève en 1936, le fait qu'un Chef d'état s'adresse à la Société des Nations était sans précédent. Je ne suis ni le premier ni ne serai le dernier Chef d'état à s'adresser à l'ONU, mais moi seul me suis adressé à la fois à la Société des Nations et à l'ONU à ce titre. Les problèmes auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés sont eux aussi sans précédent. Ils n'ont pas de contrepartie dans l'expérience humaine. Les hommes recherchent dans l'histoire des solutions et des précédents mais il n'y en a pas. Ceci est donc le défi suprême. Où devons-nous chercher comment survivre, comment répondre à des questions qui n'ont encore jamais été posées ? Nous devons nous tourner d'abord du côté de Dieu tout puissant Qui a élevé l'homme au dessus des animaux et l'a doté d'intelligence et de raison. Nous devons avoir foi en Lui, et qu'Il ne va pas nous abandonner ou nous permettre de détruire l'humanité qu'Il a créée à Son image. Et nous devons regarder en nous-mêmes, dans les profondeurs de nos âmes. Nous devons devenir ce que nous n'avons jamais été et ce à quoi notre éducation, notre expérience et notre environnement nous a très mal préparé. Nous devons être plus grands que ce que nous avons été : plus courageux, avec une plus grande ouverture d'esprit et une vision plus large. Nous devons devenir les membres d'une nouvelle race, dépasser nos préjugés insignifiants, faire notre ultime allégeance non pas aux nations, mais à nos semblables au sein de la communauté humaine.

 

         Traduction française de Judith Milner et Michel Lablanquie

 

Cette archive est publique. Le traducteur parle dans le canal de droite, et Hailé Sélassié dans celui de droite.

Haile Selassie @ ONU 6 octobre 1963 - Haile Selassie
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   Si le discours de Son H.I.M.  possédait une qualité incantatoire indiscutable, Bob Marley , accompagné des I-Threes, lui ajouta une dimension hypnotique qui consacra le groupe une bonne fois pour toute au sacro sein des stars internationales. Si une minorité de fans critiquèrent Rastaman vibration à sa sortie, qu’ils considèrent quelque peu besogneux et bourré de rhétoriques, l’album fut propulsé dans les charts US (il sera classé à la 11ème place, la meilleure que connaîtra le groupe jusqu’à la disparition de Marley, tout album confondu) et britanniques.
Après la sortie de ce 5éme opus pour Island, le groupe entame une tournée américaine et européenne de 3 mois. Débuté à Miami, Rastaman Vibration Tour sera ponctué de concert inoubliables : Philadelphie et une performance interminable au cours de laquelle le petit Ziggy monta sue scène pour rejoindre son père ; Boston, New-York, Chicago, Los Angeles, San Diego et surtout Santa Monica, où au Roxy le concert fut extraordinaire, éblouissant et devenu mythique en partie par la présence de Bob Dylan1. De la Californie, les Wailers s’envolent pour l’Europe : Düsseldorf, Amsterdam où 1 heure après la fin du concert, le public chante encore « Woi yo…Woi Yo Yo Yo… » ; après Paris la tournée s’achève à Londres et quelques dates dans d’autre villes de l’île britannique.

De retour en septembre de tournée,  Marley et son groupe retrouvent une Jamaïque en proie à un mouvement de violence incontrôlable. Le 19 juin Mickael Manley, premier ministre P.N.P. depuis 1972, avait décrété l’état d’urgence face aux luttes politiques qui décimaient la population de Kingston, luttes alimentées par l’afflux de millier d’armes dans les ghettos. Pour certains, ces arrivages massifs avait pour origine le cercle des dealers de ganja qui se faisaient payer en livraison d’armes en provenance de Miami ou de Louisiane, qu’ils échangeaient ensuite contre de l’argent dans tout le pays ; pour d’autres, le J.L.P. d’Edward Seaga, graphé CIAga sur les murs des ghettos pro P.N.P., les introduisait clandestinement afin d’empêcher l’ « invasion communiste » de l’île,  Manley soutenant la révolution angolaise et entretenant des relations amicales avec son voisin Fidel Castro. Si cela ne suffisait pas pour attiser les braises du foyer en fusion qu’était Kingston, le F.M.I. obligeait la Jamaïque à de strictes restrictions dans ses importations et à baisser son inflation : se nourrir était pour un jamaïcain du ghetto une lutte féroce, certaines denrées de base étant difficiles à trouver.

 

Bob Marley était furieux de voir le concert détourné à des fins politiques lui qui en 1972  s’était rangé du côté de Manley. Cependant le projet était toujours d’actualité malgré les menaces que recevait le groupe pour une annulation pure et simple du concert.
Au cours des répétitions en vue de Smile Jamaica, Mickael Manley est venu rendre visite au Gong. Le lendemain, c’était au tour de Seaga de venir au 56 hope road. Tyrone Downie, témoins de la scène de se souvenir : « Ce n’était pas une visite de politesse. Seaga a demandé clairement à Bob dans quel camp il était et lui a dit que s’il ne choisissait pas le bon, sous entendu le sien, il lui faudrait en supporter les concéquences. »2 Toujours selon Downie, après cette entretien Marley était très troublé : Seaga lui avait fait peur, surtout qu’ayant des amis dans tous les quartiers de Kingston, sous contrôle du P.N.P. ou du J.L.P., il ne pouvait faire de choix. Dans cette atmosphère très tendue et dans un contexte tout aussi explosif, si Rita Marley (membre des I-Threes avec M.Griffith et Judy Mowatt) pensait et avait dit à son mari que le concert était une erreur, Marcia, elle, avait purement et simplement refusé d’y participer.

Dans la soirée du 3 décembre, les Wailers accompagnés des cuivres du groupe Zap Pow répètent dans le studio du 56 hope road. Après avoir travaillé le titre Jah live, Bob Marley décide de faire une pause vers 20h45 pour aller à la cuisine, tout en laissant le reste des musiciens poursuivre sans lui. Alors que Up-Sweet, le dealer préféré du Gong et réputé pour avoir la meilleure herbe de Jamaïque, venait d’arriver, Judy Mowatt enceinte, voulu rentrer chez elle se reposer. Accompagné de l’ingénieur du son Sticko, Neville Garrick (illustrateur des covers des albums de Marley) la raccompagna à Bull Ray, les empêchant ainsi de goûter au produit d’Up-Sweet ! Sortant de la propriété un peu avant 21h, ils croisent Don Taylor, ami et manager des Wailers, qui entrait. Il avait rendez-vous pour affaire avec Chris Blackwell, patron du label Island. Ce dernier en retard, Taylor rejoint Marley à la cuisine. C’est à ce moment que la maison est prise d’assaut par 6 gunmen, entrés dans la propriété peu après Taylor. Ils font tomber sur les lieux une pluie de balles atteignant Rita à la tête, le manager à la cuisse et au flan et laissé pour mort ; un ami du groupe, Lewis Simpson est grièvement blessé et Bob Marley est touché au sternum et au bras gauche. Tous furent admis à l’hôpital, à l’exception de Taylor que l’on transporte dans un établissement de Miami. Marley soigné, il fausse compagnie, pour un lieu secret, aux agents de la protection de la Sécurité jamaïcaine dépêchés sur les ordres de Mickael Manley venu lui rendre visite. Le premier ministre tenait impérativement à ce que le concert soit maintenu coûte que coûte ! Mais, si l’on ne déplorait aucune victime décédée dans cet attentat, ce qui tenait franchement du miracle, rien ne pouvait laisser supposer que les gunmen ne tenteraient pas une autre action de la sorte afin d’arriver à leur fin : achever Bob Marley !!!

Le Gong et ses proches étaient en fait réunis à Strawberry Hill dans les montagnes au-dessus de Kingston, où Blackwell avait mis à leur disposition une vielle demeure, gardées pour le coup par des unités de police armées jusqu’aux dents. Marley si reposa toute la journée suivante du vendredi au cours duquel les discussions portaient exclusivement sur la décision de maintenir ou non Smile Jamaica et sur la question de savoir qui pouvaient être les responsable de l’attentat. Bob n’était plus motivé et puis il semblait difficile voir impossible de réunir tout le groupe, chacun se terrant dans sa planque. 
Le lendemain, le samedi 5 décembre, jour prévu du concert, aucune décision n’était encore prise concernant les suites à donner à ce dernier. Une équipe de tournage new-yorkaise que Blackwell avait fait venir pour filmer l’évènement, donna à Marley de puissants talkie_walkie lui permettant ainsi tout en restant à Strawberry Hill de prendre la température du parc des Héros Nationaux et d’être informé sur l’évolution de la tentative de retrouver, avec l’aide la police, et de réunir à la propriété d’Hope road chaque membre du groupe au cas où. C’est avec Cat Coore [bassiste du groupe Third World dont il fut décidé qu’il remplacerait les artistes absents] présent sur le site que Bob communique. 
Seul le bassiste Aston ‘Familyman’ Barrett ne rejoint pas le groupe. Third Wolrd monte sur scène devant 50.000 personnes massées qui depuis 4h de l’après-midi. Après sa performance, Coore appelle Marley pour lui assurer que tout va bien et qu’il peut monter sur scène sans souci. Seulement, le groupe sans bassiste ne peut se produire : Cat Coore offre de tenir la basse, tandis que Anthony Spaulding, ministre du logement, tente de persuader le chanteur de jouer, qui après une heure de discussion plus qu’houleuse dit à son batteur Carlton Barrett: « Va au concert, je pense que nous allons descendre. »  

Le groupe arriva en voiture sur le site, escorté de quelques policiers. Après avoir été accueillis par Manley Carlton Barrett, Tyrone Downie (clavier), Cat  Coore, les cuivres de Zap Pow, 5 batteurs rastas des Sons of Negus, les I-Threes amputées de Marcia Griffith et Bob Marley montent sur scène pour ne chanter qu’un seul titre : War , qu’ils exécutent pour la première en Jamaïque. Au milieu du morceau, Don Kinsey, autre témoin de l’attentat, monte sur scène et branche sa guitare. Vont suivrent Trench Town Rock, Rastaman  vibration, Want more  et So Jah seh (ce sera l’unique fois que le groupe jouera ce titre en public). Marley conclu les 90mn de concert par un geste théâtral : après avoir remonté la manche de sa chemise afin de montrer à tous sa blessure, il plia les genoux façon cow-boy de western et pointa vers le public 2 doigts comme une paire de colts. Il fit voler ses locks dans un geste victorieux plain d’orgueil… 
MarleyAttentat.jpg Le concert achevé, la foule ne se dispersa jamais aussi vite de mémoire de jamaïcain. Bob Marley passa la nuit sous bonne garde à Strawberry Hill et à 7h le lendemain, il s’envola avec Nevill Garrick dans un jet de Blackwell pour les Bahamas, nouveau Q.G. d’Island. 
A kingston, différentes rumeurs circulèrent dans toutes les couches de la société. Pour certains, la tentative d’assassinat n’avait pas une cause politique : on parlait beaucoup d’une escroquerie montée par Skill Cole, avec les deniers du Gong, au champs de courses de Caymanas Park de Kingston. En effet, à cette période, le footballeur avait quitté le pays avec un gros paquet de devises : puisque inattaquable, ce serait sur Marley que l’on aurait voulu se venger. Différentes variantes de cette histoire évoquaient également des traffics d’herbes, de cocaïne et la vengeance d’un gang, ce qui pourrait être confirmé par le fait que Cole n’ait pas remis ses crampons en Jamaïque durant plusieurs années après l’évènement.
Plusieurs membres des Wailers obtinrent plus tard des informations selon lesquelles les gunmen n’auraient pas survécus à leur méfait, liquidés par les commanditaires avant la fin du week-end. Qui croire, quand Don Taylor, dans son autobiographie, relate comment un procès devant une court improvisée aurait été organisé dans le ghetto en juin 1978 pour juger 3 hommes dont un certain Leggo Beast que Marley aurait reconnu être l’un de ses agresseurs. Beast, durant ‘l’audience’ aurait admis avoir bénéficié d’un entraînement spécial orchestré par des agents de la C.I.A., élément à la véracité quelque peu douteuse au regard de l’extrême fébrilité des tireurs au cours de l’opération avec aucune victime restée au sol à déplorer ! L’affaire a été classée par les autorités mais la justice du ghetto aurait fait son œuvre puisque les 3 individus auraient été condamnés à mort. Le président de la cour aurait tendu une arme à Bob afin d’exécuter lui-même la sentence, ce qu’il refusa. On les aurait retrouvé le lendemain pendu !

 Après un peu plus d’une semaine, le 15 décembre (scrutin prévu à l’origine le 20) les électeurs donnèrent à Mickael Manley et son P.N.P. 47 sièges sur les 60 que compte le parlement jamaïcain. Plus de 200 personnes auront péries au cours de l’une des périodes électorales les plus sanglantes et meurtrières de toute l’histoire de la Jamaïque. Il se passera plus d’une année avant que Bob Marley ne pose à nouveau le pied sur son île natale… mais ceci est une autre histoire !

 

 

 1. Cette performance se trouve en partie sur la réédition deluxe de Rastaman Vibration sorti en 2002 et dans son intégralité sur Live at the Roxy, The complete concert  pressé en 2003 sur Ilsand US.

 2. in Vibration, n°47 Aôut-Septembre 2002.  

PHASE ONE

  Créé par Roy Francis, le label jamaïcain Phase One eut une courte existence, de 1977 au début des années. "Tout le monde à l'époque utilisait le mot One dans son nom. J'ai suivi la tendance" se plait à dire Roy qui baptise son label en référence au studio Chanel One. Durant ces quelques trois années, Phase One va énormément se concentrer sur le maxi 45t , conditionnement lancé par le Studio Chanel One des frères Hookim (Ernest et Jo-Jo), format qui a révolutionné le Reggae. De plus, le label a ceci de particulier d'avoir produit une quantité importante d'inconnus et quelques artistes féminines telles que Love Vibration ou Crucial.

 

  Roy francis nait en 1945 à Kingston dans, le quartier de Trench Town. Après avoir vécu à SpanishTown, il part pour Brooklin, USA. Financé par son père, il suit des cours à l'école d'aéronotique de Peterborough. Il obtient un diplôme de mécanicien et travaille pour divers compagnies aériennes américaines comme la PanAm et la  Delta AirLines. Sa profession lui permet de retourner en Jamaïque régulièrement (et souvent gratuitement !). C'est au cours d'un de ses voyages en 1977, qu'il rencontre Derrick "Gurr" Smith, un producteur qui lui propose d'investir un peu d'argent dans la musique., ce qu'il va faire. Gurr lui présente The Chantells, un trio vocal composé de Samuel Bramwell lead vocal,et  de Tommy Thomas et Lloyd Forest aux harmonies.

 

  Les quatre premiers morceaux qu'il produit avec le groupe sont enregistrés au Randy's Studio. Avec Leroy "Horsemouth" Wallace à la batterie, Robbie Shakespeare à la basse et Ansel Colins au clavier (rien que du beau monde !!!),  Children of Jah, Natty Super, Blood river et Strumbling block se vendent à quelques 1000 ou 2OOO exemplaires en Jamaïque. C'est un autre morceau des Chantells, Wainting in the park, qui va réellement établir Phase One. Ce titre enregistré chez Joe Gibbs donne un un gros succès au groupe en Angleterre ou le label sort sous le nom Sagitarius. Le label compte pas moins d'une quarantaine de références. Citons parmis d'autres The Terrors(Donovan et Edmund Brissett, L.Lewis), Untouchables ; Steve Boswell avec I am Getting Bad  et sa version, franchement terrible, Lopez Walker et son célèbre Jah new garden ; des versions toastée de Jah Berry, de U Brown qui enregistre son tout premier titre  Time to unite, version de Children of Jah des Chantells.

 Les albums estampillés Phase One/Sagitarius, sortis durant cette courte existence, sont au nombre de trois : The Chantells  Waiting in the Park en 1978 et Phase One Dubwise Vol. 1 et 2, respectivement 1978 et 1980. Après la mort du label des repressages sont édités : Chantals Collection  (rééditée par Sprint il y a peu) et Phase One Collection.

 

Au début des 80's, après des embrouilles avec son associé anglais qui s'occupait du label pour l'Europe, Roy repart aux USA, sonnant le glas pour son label. Comble de malchance , il perd l'intégralité de ses bandes dans l'innodation de sa cave où il les avait entreposé !!! En 1989, il revient à Kingston. Ce fameux associé britanique déclarant que le label lui appartient, Francis abandonne le nom et établi le studio Mixing Lab. Cependant le nom étant enregistré en Jamaïque et non en Europe, et ayant pris conscience de la valeur aussi bien culturelle que financière de ses productions, Francis pense peut-être le relancer dans un avenir proche, pour le plus grand plaisir de nos oreilles !!!

 

Pour (re)découvrir le son Phase One, nous vous conseillons fortement deux rétrospectives superbe qui trouverons aisément leur place dans votre discothèque : Children of Jah - The Chantels & Friends1977-1979 (Blood&Fire, 1999) et We are getting Bad (Motion, 2002). Vous allez vous délecter de ce Reggae Rockers pur et dur comme on savait le faire, décliné en versions, aussi bien Dub que Toast, fulgurantes. 

 

DU SON INTEMPOREL...

DISCOGRAPHIE - presque complète - PHASE ONE

La documentation pour la réalisation de cet article est la suivante : les numéros 27 et 28 du magazine Natty Dread, The Rough Guide to Reggae et quelques infos trouvées sur la toile. Vous trouverez ci-après une discographie qui a été établie par Wareika  en collaboration avec Robert Schonfield (du RKR). Elle fut publiée à l'origine sur le site de Nighthawk. La liste se compose de deux parties : la première répertorie les 7’ et 12’, tandis que la seconde décrits les albums et les compilations.

 

7" & 12" 

Année

Format  Face A : titre-Artiste  / Face B : titre-Artiste  Référence du label

 

1974

  7" Daily News - Jah Berry / Version - Jah Berry JA. Phase One Roy Francis-1800   

  7" Sister Fay - The Chantells And Barnabas  / Version JA. Phase One  RF-1996-RRS   

 

1975 

  7" Jah Jah New Garden - Lopez Walker / Jah Jah New Garden [Version]JA. Phase One RF-1999-RRS  

  7" Where Have You Been So Long - Keith Cole / Version US / UK. Editions Makossa EM-27-068  

 

1976

  7" Effort In Yourself - The Chantells / Dub   JA. Phase One RF 3971 

[197?]  7" Effort In Yourself - Sam Bramwell ?  JA. Phase One    

  7" Eva - The Chantells / Eva Rockers - Jah Mike  UK. Ttreble CCC012  

 

1977

  7" Assemble Not Thyself - The Terrors  [E. & D. Brissett] JA. Phase One DSR-4537 Rfrancis-507    

  7" Children Of Jah Jah - The Shantells / Version JA. Hammer   ES 3148   

  12" Children Of Jah + Time To Unite - Chantells And U Brown  / Desperate Time - Chantells JA. Phase One RF-042 

  7" Children Of Jah - The Chantells / Desperate Time - Chantells JA. Phase One DSR-3288   

[197?]  7" Children Of Jah - The Chantells  /  Dub JA. Phase One     

  12" Children Of Jah - The Chantells / Desperate Time - Chantells JA. Phase One DSR-4519   

  7" I Am Getting Bad - Steve Baswell / Version   JA. Phase One DSR-4514 RF-501 

  7" Mash Down Babylon - Leroy King / Version JA. Phase One DSR-2529-RF-504

                    /  Chant Down Babylon - Jah Berry JA. Phase One DSR-5445   

  7" Path I Have Taken - Errol Davis / Version    JA. Phase One  DSR-4516-A RF-503    

  7" Rub Me Down - The Chantells  /  Dub Me Down JA.Phase One DSR-3114    

  12" Waiting in The Park - The Chantells / Waiting in The Park Dub JA. Phase One      

[197?] 12" Waiting in The Park - The Chantells And Jah Berry / Waiting Version  JA.Phase One DSR-RF 929  

  7" Waiting in The Park - The Chantells  / Version UK. Phase One SUS 1001    

  12" Waiting in The Park - The Chantells / Version UK. Phase One SUS 1001  

 

1978

  7" Assemble Not Thyself - The Terrors  [E. & D. Brissett] JA. Phase One DSR-4535    [197?} 12" Assemble Not Thyself - The Terrors  [E. & D. Brissett]  / Version UK. Phase One   

{197?] 12" Assemble Not Thy Self - The Terrors / Version JA. Phase One DSR 4537/8           

 12" Bad Reputation - The Chantells And Jah Berry / Shine Eye Girl - Jah Devon JA.Phase One DSR-5945 [Jah Devon est en fait Dean Fraser. C’est ici ub des rares titres sur lequel il chante]

  7" Bad Reputation - The Chantells / Shine Eye Girl - Jah Devon JA. Phase One  DSR-5946   

 12" Black Is The Best - James B / I've Tried - Leroy King JA Phase One RF-033A

[James B est peut-être l’artiste jamaïcain James Brown]

  7" Blood River - The Chantells / Version UK. Phase One blank

  7" Blood River - The Chantells Blood River Version JA.  Black Sunrise DSR-4554 

  7" Captivity -  Lebert Bennett And Jah Berry  / Version JA. Phase One DSR-5943       

  7" Changing Times - Paul Powell / Shabby Shack JA. Phase One RF-037A    

  7" Chant Down Babylon - Jah Berry / Version JA. Phase One DSR-5445 [DJ cut to - Mash Down Babylon - Leroy King]

  7" Children Of Jah - The Chantells / Desperate Time - Chantells JA. Phase One DSR-5443

  7" Children Of Jah - The Chantells JA. Phase One DSR-5829-DT

  7" Children Of Jah - The Chantells / Desperate Time - Chantells UK. Sagitarius SUS4    [197?] 12" Children Of Jah - The Chantells / Desperate Time - Chantells JA. Phase One   

[197?] 12" Children Of Jah + Time To Unite - Chantells And U Brown / Desperate Time - Chantells UK. Phase One SUS4  

[197?]  7" Cool Rasta Man Cool - Steve Baswell JA. Phase One  DSR-5803                

  12" Cool Rastaman Cool - Steve Baswell And Jah Berry /  Version JA. Phase One          

  7" Daily News - Jah Berry / Daily Version - Jah Berry UK. Phase One PRFS-006  

[DJ cut to - Jah Jah New Garden by Lopez Walker]     

[197?]  7" Eva - The Chantells / Version JA. Phase One  RF-701 

  7" Help Us Jah - Untouchables (aka The Inspirations) / Sea of Love - Untouchables JA. Phase One  RF-034A

  7" Hey You - The Chantells  UK. Sagittarius

[197?] 12" Hey You - The Chantells      UK. Sagitarius   

[197?}  7" I Am Getting Bad - Steve Baswell  / Version JA. Phase One  

  7" I'll Never Fall In Love Again - The Chantells UK. Sagittarius

  7" I'll Never Fall In Love Again - The Chantells / Hey You - The Chantells JA. Phase One  RF 035A  

  7" In God We Trust - The Morwells / What A Wonderful World JA. Phase One RF-043A

  7" In God We Trust - The Morwells / What A Wonderful World UK. Black Lion SUS1       

[197?] 12" It Takes A Miracle - Tabby Diamond / Them Want I - The Crucials   ?. Phase One    

  7" Jah Jah New Garden - Lopez Walker /  Daily News - Jah Berry UK. Phase One

  7" Jah Jah New Garden - Lopez Walker / Jah Jah New Garden [Version] UK. Phase One PRFS-005A     197?  7" Jah Jah New Garden - Lopez Walker / Jah Jah Dub JA. Phase One   

  7" Man In Love - The Chantells JA. Phase One  DSR-4575    

[197?]  7" Memories - Love Vibration  /  Lightning And Thunder - Prince Mohammed [aka George Nooks]JA. Phase One  RF-227  

  7" Natty Supper - The Chantells / Natty Super [Dub Mix] UK. Phase 1  PRF-5003

  7" Natty Supper - The Chantells JA. Phase One  DSR-4574        

 12" Natty Supper  +  Version - The Chantells / Man In Love  +  Version - Chantells JA. Phase One   DSR-4574

  7" Never Fall In Love Again - The Chantells JA. Phase One RF-040                

  7"  Send Another Moses - Lopez Walker / Version JA. Phase One DSR-4534    

[197?]  7" Sister Fay - The Chantells And Barnabas / Version JA. Phase One    

  7" Sister Jacqueline - Jah Berry / Version JA. Phase One DSR-5469 

[DJ cut to So Ashamed - Love Vibration]  

  7" So Ashamed - Love Vibration  /  Version  JA. Phase One DSR-4531   

  7" It Takes A Magic - Dean Fraser / Takes A Magic Dub - Dean Fraser JA. Phase One RF-039  [Horns cut to Takes A Miracle – Tabby]            

[197?]  7" Takes A Miracle - Tabby    JA. Phase One  RF-148  

  7" Trial Days - Lopez Walker / Fly Away - Lopez Walker JA. Phase One RF-038           

 12" Trial Days - Lopez Walker / Fly Away - Lopez Walker US. Phase One              

  7" True Born Africans - The Chantells  JA.Phase One DSR-5998  

 

1979

  7" Deceivers - The Heptones / Meaning Of Life - Heptones JA. Phase One  RF-146      

 12" Deceivers - The Heptones / Meaning Of Life - Heptones UK.  Black Lion SUS-5 

 12" Follow Fashion - Clint Eastwood [E.Cunningham co-producteur] UK. Freedom Sounds FSD-017 

 12" Gena - Paul Powell And U Brown  /  Phase One All Stars JA.Gena RF-150/151  

  7" Help Us Jah - Untouchables  /  Sea Of Love - Untouchables UK. Sagitarius SUS10     

  7" It Takes A Miracle - Tabby UK. Sound Off  SOFD-001  

  7" Man In Love - The Chantells /  Natty Supper - The Chantells UK. Sagittarius SUS-6    

[197?]  12" Man In Love - The Chantells /  Natty Supper - The Chantells UK. Sagittarius Pre  

 12" Never Fall In Love Again - The Chantells UK. Sagittarius SUS-9 

  7" Never Give Up - Earl Cunningham [co-producteur] JA. Freedom Sounds

 12" Never Give Up- Earl Cunningham [co-producteur] UK. Freedom Sounds  FSD-017  

[197?] 12" Waiting in The Park - The Chantells  /  Desperate Times UK. Phase One PRF 1  

 

198?

19?? 12" I Do Love You - Gregory Isaacs / MC Version – Steelie+Cleevie JA. Phase One      

198? 12" Trial Days - Lopez Walker /  Fly Away - Lopez Walker UK. Phase One  

 

200?

  7" Blood River  - The Chantells  / Dub Mix JA. Phase One PRFS004   

  7" Children Of Jah - The Chantells   /  Revolution Children [Version]   ?. Phase One    

  7" Children Of Jah - The Shantells /  Version  ?.Hammer 01     

  12" Children Of Jah - The Chantells  /   Desperate Time - Chantells UK. Phase One    

  7" Daily News - Jah Berry /  Dub JA.  Phase One PRFS5000   réédition    

  7" Jah Jah New Garden - Lopez Walker   /   Dub    Phase One PRFS005   réédition    

2003

   7" Natty Supper - The Chantells   /  Version    Phase One PRF 003    

 [200?] 7" Natty Supper - The Chantells  /   Version    Phase One PRF 5001   

   7" Path I Have Taken - Errol Davis  /   Version     JA. Phase One   réédition    

   7" Rub Me Down - The Chantells  /   Rub De Dub JA.Phase One   

  7" Send Another Moses - Lopez Walker  Phase One   réédition      

 

 

 

 

 

 

ALBUMS 

 

The Chantells -  Waiting In The Park   1978

Phase One LP-1978              

Roy Francis Produced and Arranged. 

Recorded at Joe Gibbs and Channel One 

Remixed at Joe Gibbs by Errol Thompson       

The Chantells:  Lloyd Forrest, Tommy Thomas and Samuel Bramwell.    Bass: Lloyd Parks

Drums: Sly, Devon Richardson

Guitar: Ranchie, Bo Peep

Sax: Deadly Headley

Trombone: Vin Gordon

Trumpet: Chico

Piano: Bubbler Waul

Organ: Ansel Collins, Winston Wright

Percussion: Sticky Thompson

Synthesizer: Bubbler Waul

01        Waiting In The Park                   

02        Oh What A Night                

03        Loving Stranger                      

04        Eva                  

05        Rub Me Down              

06        Baby Don't Leave Me             

07        True Born African                                             

08        By The Sweat Of Your Brow                                          

09        Effort In Yourself                        

10        Children Of Jah Jah  

 

Phase One Dubwise 1978

Phase One  JA. PRFLP 004

Roy Francis Produced And Arranged. 

Recorded at Channel One And Joe Gibbs.

Remixed at Channel One by Ernest Hookim.

01        Phase 1           

02        Darkness           

03        12 Rose Lane    

04        Young Deceiver           

05        Kingston                         

06        Leaving Babylon

07        Sufferers Heights

08        Hard Labour  

09        Trip Wire     

10        Peace Treaty Time

 

Phase One Dubwise Volume 2  1980

Phase One  JA. PRFLP 005

aka  Dawn of Creation - Sagitarrius UK

 Roy Francis Produced And Arranged. 

Recorded and remixed at Channel One by Bunny  

All tracks: The Revolutionaries

01        Dawn Creation

02        Rockers Hop     

03        Leggo Dread   

04        Wailing Heart   

05        Iniquity Workers           

06        Star Wars                

07        Only Jah Jah 

08        Run Red      

09        Break Out      

10        Lambs Bread   

 

The Chantells - Waiting In The Park   1988

UK. Phase One LP PR7PRF LP / CD2   2001                   

aka   Chantals Collection    198? - Phase One   PR7LP-2                              

Roy Francis Produced And Arranged. 

Recorded at Joe Gibbs and Channel One 

Remixed at Joe Gibbs by Errol Thompson

The Chantells

Bass: Lloyd Parks

Drums: Sly, Devon Richardson

Guitar: Ranchie, Bo Peep

Sax: Deadly Headley

Trombone: Vin Gordon

Trumpet: Chico

Piano: Bubbler Waul

Organ: Ansel Collins, Winston Wright

Percussion: Sticky Thompson

Synthesizer: Bubbler Waul

01        Waiting In The Park         

02        Man In Love                               

03        Children Of Jah  

04        Desperate Time                                        

05        Loving Stranger           

06        Eva     

07        Blood River    

08        Rub Me Down   

09        Natty Supper 

10        Stumbling Block  

 

Phase One  Collectors Edition   198?

Phase One LP   PRF LP 38      CP 3   UK 

Aka Collectors Edition Vol.1 199?   

UK CD  PRF CD003

Produced And Arranged by Roy Francis 

Recorded at Joe Gibbs and Channel One 

Remixed by Jo-Jo Hookim, Errol Thompson

01        Help Us Jah            Untouchables

02        Trial Days      Lopez Walker  

03        Cool Rasta Man Cool            Steve Baswell            

04        Assemble Not Thyself  The Terrors   

05        Effort In Yourself            Chantells

06        Jah Jah New Garden            Lopez Walker                

07        Mash Down Babylon            Leroy King

08        Gena  Paul Powell & U. Brown 

09        So Ashamed            Love Vibration                       

10        Daily News    Jah Berry    

 

Phase One Dubwise   Volume 1 And 2  1997

Spirit PRFCD 004 / 5

 Roy Francis Produced And Arranged. 

Remixed by Ernest Hookim (1-10)

and Bunny (11-20) at Channel One

Drums: Sly Dunbar and Devon Richardson

Bass: Lloyd Parkes & Robbie Shakespeare? (& Bertram McLean?)

Guitar: Bertram McLean & Winston "Bo-Pee" Bowen

Organ: Ansell Collins & Winston Wright

Piano: Franklyn "Bubbler" Waul

Synthesizer: Franklyn "Bubbler" Waul

Trumpet: Junior "Chico" Chin

Sax: Deadly "Headley" Bennett

Trombone: Vincent Gordon

Percussion: Uzziah "Sticky" Thompson.

01        Phase 1           

02        Darkness           

03        12 Rose Lane    

04        Young Deceiver           

05        Kingston           

06        Leaving Out Babylon      

07        Sufferers Heights           

08        Hard Labour  

09        Trip Wire     

10        Peace Treaty Time

11        Dawn Creation

12        Rockers Hop     

13        Leggo Dread   

14        Wailing Heart   

15        Iniquity Workers

16        Star Wars    

17        Only Jah Jah 

18        Run Red      

19        Break Out      

20        Lambs Bread    

 

Children Of Jah /The Chantells And Friends 1977 - 1979    1999

 Blood & Fire   BAFCD 028    65:03

 Produced And Arranged by Roy Francis

Recorded at Joe Gibbs and Channel One 

Remixed by Jo-Jo Hookim, Errol Thompson

01        Children Of Jah  /  Time To Unite   Chantells And U Brown 

02        Jah Jah New Garden   Lopez Walker   

03        Path I Have Taken   Errol Davis                      

04        Assemble Not Thyself   The Terrors  

05        Send Another Moses   Lopez Walker                 

06        Cool Rastaman Cool   Steve Baswell and Jah Berry     

07        Desperate Time   Chantells            

08        Trial Days   Lopez Walker

09        Natty Supper   Chantells          

10        Fly Away   Lopez Walker

 

We Are Getting Bad / The Sound Of Phase One  2002

Motion  FASTLP013    FASTCD013  

Produced And Arranged by Roy Francis 

Recorded at Joe Gibbs and Channel One 

Remixed by Jo-Jo Hookim, Errol Thompson

01        Help Us Jah   Untouchables    

02        Sister Fay + version   Chantells And Barnabas           

04        Hey You   Chantells

05        I Am Getting Bad + version    Steve Baswell 

07        Daily News + version   Jah Berry

09        Sea Of Love   Untouchables

10        Waiting In The Park   Chantells And Jah Berry    

11        Takes A Miracle   Tabby  

12        Takes A Magic Dub   Dean Fraser

13        Sister Jacqueline + version    Jah Berry   

15        What's Wrong With The Sons of Man   Jah Baba           

16        Deceivers   Heptones         

17        Gena   Paul Powell + U Brown  

18        Lightning And Thunder   Pince Muhammad

 
 

11 SEPTEMBRE 1987 

  Au soir du 11 septembre 1987, avec sa compagne Marlene Brown, Peter Tosh reçoit à l'étage de son domicile de Plymouth Avenue à Kingston, Mike Robinson, le batteur Carlton 'Santa' Davis et Doc Brown, le ganjaman de Tosh. Arrivent Dennis Lebban, connu sous le sobriquet de Leppo, et 2 autres individus. Connu des lieux et par leurs propriétaires à qui il vient régulièrement demander un peu d'argent, Leppo monte à l'étage suivi des 2 quidam. Soudain, les 3 invités dégainent leur 9mm sommant tout le monde de se mettre ventre à terre. Ils fouillent la maison et réclament du fric. Dans ce même temps, débarquent Jeff 'Free I' Dixon et son épouse. Ils se retrouvent face contre terre à peine avoir franchi le seuil de la porte. 
Selon les témoins rescapés, sans aucun évènement déclencheur, les 3 gunmen tirent à plusieurs reprises. Free I gravement touché plonge dans le comas dont il ne sortira jamais, Peter Tosh et Doc Brown, au sol, ne se relèveront pas. Leppo et ses accolytes vident les lieux, mais Leppo vient se livrer à la police quelques heures seulement après le double meutre.

Peter Tosh, lui qui ne voulait pas assister aux enterrements [il est absent à ce lui de Bob Marley] concidérant que Rasta n'était que la Vie  et ne devait tourner la tête en direction de la Mort, a du de très haut apercevoir quelques 12000 personnes venir se recueillir sur sa dépouille et assister à ses funérailles le 26 septembre 1987, à la suite desquelles il fut inhummé dans son village natal du à Belmont, Westmoreland.

Le 17 juin 1988, il faudra à peine 6 minutes aux jurés pour délibérer lors du procès éclair de Dennis 'Leppo' Lobban. Proclamant une dernière fois son innocence, il écope de la peine capitale (la peine de mort, tout en étant encore en vigeur en Jamaïque à l'époque, ne s'applique plus!). Jamais il ne dénoncera ceux qui l'accompagnaient ce soir de septembre 1987. Si l'affaire fut classée ilico presto, il reste beaucoupe de zones d'ombres sur ces meutres dont la primordiale question de la motivation de ce get a pen fort bien orchestré. Certains avancent l'idée de policiers qui ne le portaient franchement depuis des années dans leur coeur. D'autres y voient des raisons politiques : sans pour autant être affilié à un parti, Peter Tosh a plus ou moins quelques accointances avec le JLP. À la veille d'élection nationale, le parti adverse, le PNP, aurait préparé une campagne violente avec l'aide de gangs dont Peter aurait fait les frais. D'autres encore suggèrent une participation plus que discrète de personnalités et/ou officiels de l'establishment. En effet, avec Jeff 'Free I' Dixon Peter avait le projet de lancer la Rasta Reggae Radio. Quand on connait le tempérament, la personnalité, la détermination, le franc-parler (euphémisme!), la dénonciation perpétuelle de l'establishment et le sempiternel combat mené en faveur de la légalisation de l'   de Tosh, on peut aisément comprendre (!) que sa mort pouvait rendre service et laisser dormir sur leurs deux oreilles quelques hommes d'importance.

 

Les quelques 10  minutes animées et sous-titrée en français qui suivent, reviennent sur l'évènement faisant intervenir des témoins de la rixe, des amis de Tosh, des anonymes..  Ces images passionnates sont extraites de Stepping Razor - Red X  de Nicholas Campbell sorti en 1992 et plusieurs fois réédité en DVD, documentaire à posséder absolument... INDISPENSABLE ! 

PETIT PETER TOSH POUR LES NULS !

Membre fondateur des Wailers  avec (faut-il le rappeler ?!!!) Marley et Bunny Wailer, Peter Tosh (né Winston Hubert McIntosh le 19 octobre 1944 a Church Lincoln, Wetsmorland, JA) quitte le groupe [suivi de Bunny] en 1973 pour suivre une carrière solo ponctuée de plus d'une dizaine d'albums dont certains sont des incontournables tel Legalise it à la cover des plus enfumées (Columbia  1976), le revolutionnaire Equal  Rights  (Columbia 1977), l'homéopathique Bush Doctor (Rolling Stones 1978) ou encore son dernier No Nuclear War (EMI 1987). Rasta convaicu, bien loin du cliché du dreadlokseux peace and love, Peter Tosh était un véritable soldat, un combattant de LA justice faite à tout peuple noir, se positionnant en contastaire invétéré face à l'establishment post-colonial britanique qu'il dénommait  shitstem. Sa musique était son arme, son discours virulant et sans concession ses munitions... Mystique, à tendance paranoïaque marquant la fin de sa vie, Peter  a laissé des témoignages déroutants, voire inquiétants et très sombres par le biais d'[auto]enregistrements audios et vidéos, qui furent montés et compilés en un documentaire posthume INCONTOURNABLE et INDISPENSABLE intitulé Stepping Razor Red-X (tout papier officiel concernant l'artiste aurait été estampillé d'une croix  rouge !). Reclus dans l'ombre de sa Star internationale d'ami d'enfance qu'était Marley, il reste un exemple et une source d'inspiration pour beaucoup d'artistes de générations plus jeunes, redoutable et bruyant opposant à toute forme d'oppressions et irrémé-diable  (pour ces oppposants) amateur et défenseur de la consommation de la Ganja qui lui vallu plus d'un passage à tabac façon maréchaussée yardie en bonne et due forme...

PETIT PETER TOSH POUR LES NULS !
Membre fondateur des Wailers  avec (faut-il le rappeler ?!!!) Marley et Bunny Wailer, Peter Tosh (né Winston Hubert McIntosh le 19 octobre 1944 a Church Lincoln, Wetsmorland, JA) quitte le groupe [suivi de Bunny] en 1973 pour suivre une carrière solo ponctuée de plus d'une dizaine d'albums dont certains sont des incontournables tel Legalise it à la cover des plus enfumées (Columbia  1976), le revolutionnaire Equal  Rights  (Columbia 1977), l'homéopathique Bush Doctor (Rolling Stones 1978) ou encore son dernier No Nuclear War (EMI 1987). Rasta convaicu, bien loin du cliché du dreadlokseux peace and love, Peter Tosh était un véritable soldat, un combattant de LA justice faite à tout peuple noir, se positionnant en contastaire invétéré face à l'establishment post-colonial britanique qu'il dénommait  shitstem. Sa musique était son arme, son discours virulant et sans concession ses munitions... Mystique, à tendance paranoïaque marquant la fin de sa vie, Peter  a laissé des témoignages déroutants, voire inquiétants et très sombres par le biais d'[auto]enregistrements audios et vidéos, qui furent montés et compilés en un documentaire posthume INCONTOURNABLE et INDISPENSABLE intitulé Stepping Razor Red-X (tout papier officiel concernant l'artiste aurait été estampillé d'une croix  rouge !). Reclus dans l'ombre de sa Star internationale d'ami d'enfance qu'était Marley, il reste un exemple et une source d'inspiration pour beaucoup d'artistes de générations plus jeunes, redoutable et bruyant opposant à toute forme d'oppressions et irrémé-diable  (pour ces oppposants) amateur et défenseur de la consommation de la Ganja qui lui vallu plus d'un passage à tabac façon maréchaussée yardie en bonne et due forme...

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