Le 30 mai 2011, sous l'impulsion de l'association
GET UP, le documentaire LE PREMIER RASTA était - pour la première fois en terre nantaise, présenté au cinéma Le Concorde, en présence de sa réalisatrice, Hélène Lee, qui s'est laissé entrainé au jeu des questions/réponses! Au milieu d'une salle comble, SISTAVIE a saisi sa chance pour interpeler à plusieurs reprises la réalisatrice. Sistavie nous a contacté et envoyé spontanément un petit compte rendu de cette rencontre... ses impressions.
"SISTAVIE : En tant que femme comment situez vous la femme dans le mouvement et que pensez vous de la relation de séducteur qu’Howell entretenais avec les femmes ?
HELENE LEE : Il y avait beaucoup de femmes au Pinacle. La femme était omniprésente. D’ailleurs il se disait en ville, « si tu veux trouver une femme tu vas au Pinacle mais attention en échange, tu devras travailler la terre »...
Elle rappela aussi l’importance des femmes dans le mouvement Nyahbinghi. S’agissant de la relation d’Howel avec les femmes, elle expliqua que les années d’oppression avaient rendu les hommes résignés [elle mime le dos courbé]. Le combat d’Howel pour réhabiliter leur identité lui avait donné assurance, prestance, charisme tel que toutes les femmes étaient séduites.
Je me souvient alors du passage du livre dans lequel Hélène Lee explique que l’herbe sacrée est répandue sur l’ile mais que l’establishment fait passer des lois anti-ganja dès que l’herbe tombe au maint« des gens dangereux » en l’occurrence le mouvement rasta.
SISTAVIE : Vous expliquez dans le film que la ganja est le prétexte pour détruire la communauté du Pinacle alors que « L’herbe dite sacrée » était largement répandue. Pourquoi ce revirement ?
H L : La plante importée par les migrants hindous avait un usage très cérémonial et qu’elle était tout à fait acceptée. Les strates en vue de la société jamaicaine en faisaient commerce sauf que sauf que… il faillait éliminer la communauté du Pinacle car Howell poussait le peuple à la désobéissance civique (ne plus payer d’impots, etc…) et avec son autosuffisance le Pinacle se dérobait à la loi.
SISTAVIE :Vous évoquez peu GARVEY dans le film, plus dans le livre ils avaient la même ambition commune, lutter contre les discriminations et le joug colonial et ils ont subi le même acharnement judiciaire. Qu’est ce qui les différencie ?
H L : La vie de Garvey qui était plus matérialiste. Howell avait une ambition moins liée à la politique mais plus spirituelle. Si l'on fait référence à la proximité symbolique et rituelle de l’idéologie Rasta et de l’hindouisme, c’est bien Howell qui en est à l’origine.
Hors micro, je m’approche d’Hélène Lee et l'interpelle une dernière fois... Vous avez recomposé le parcours d’Howell au travers des témoignages et des archives historiques de l’époque. Avez-vous trouvé des discordances dans les témoignages. ???
H L : Non, je les connais bien tous ces gens , ils sont authentiques.
... et moi de lui dire oui, ils sont comme vous. Elle me regarde avec bienveillance . Elle a un sourire très très chaleureux.
Le livre et le film d’Hélene Lee sont des documents incontestablement très riches sur le mouvement Rastafari et son origine d’un point de vue historique, politique et sociologique. Je m’attendais à trouver dans le film, davantage sur le message de générosité de partage si cher aux Rastas. Puis j’ai compris que la générosité et le partage étaient présents dans l’énergie qu’Hélène a mis à vivre et écrire et créer son livre et son documentaire qui sont de véritables actes d’amour.
En définitive Le Premier Rasta est avant tout l’histoire d’un lien fort entre Hélène Lee et sa quête spirituelle et tous les gens qui apprécient l’œuvre d’Hélène LEE sont dans ce même mouvement.
Certes le film manque d’infos sur le quotidien de Howell, le quotidien du Pinacle, les rites. mais Helène a fait l’objet de critiques dures.
En sortant de la projection, je marche dans la rue et je me dis : « Ok! Howell a élaboré le mode de vie et de pensée qui nourrira la culture Reggae le tout véhiculé dans le monde par Marley! Mais comment a-t-il pu être oublié à ce point?..." »
C'est une très bonne question que nous pose Sistavie!!! Une chose est certaine : tout a été fait pour étouffer et détruire les actions, la pensée de Léonard Percival Howell. Au regard de l'évolution de cette révolution spirituelle et culturelle qu'est le mouvement Rastafari, les humiliations, les souffrances subies par des sufferers qui ne demandaient qu'à vivre et gérer leur vie selon leur conviction, n'ont eu de cesse au contraire de le renforcer et de le faire se propager! Le film d'Hélène Lee est de part son existence même une belle revanche qui apporte un nouveau regard sur les origines du mouvement et redonne ses lettres de noblesse à son instiguateur...
JUIN 2011.
VERSION française
english version
version español
Sorti en salle le 27 avril dernier sur les écrans français, le film documentaire de Hélène Lee et Christophe Farnarier, LE PREMIER RASTA sort en DVD le 15 DÉCEMBRE 2011.
Au début du siècle dernier, le tout jeune Leonard Percival Howell (1893-1981) quitte la Jamaïque, se fait marin et parcourt le monde. Sur sa route, il croise toutes les idées qui agitent l'époque. Du bolchévisme à la new tought, de Gandhi à l'anarchisme, du garveyisme à la psychanalyse, il s'agit de trouver sa terre promise. C'est avec le cocktail de ces idées que Leonard " Gong " Howell revient en Jamaïque pour fonder en 1939 la première Commune Rasta, le Pinnacle . De là va s'élaborer le mode de vie et de pensée qui nourrira la culture du Reggae que Bob Marley répandra à travers le monde.
Bien loin des clichés conventionnels et des stéréotypes, entre images d'archives et rencontres avec ceux qui l'ont côtoyés et croisés, Hélène Lee réalise un film fort, passionnant, émouvant sur la vie et la personnalité extraordinaire du PREMIER RASTA, figure emblématique trop longtemps occultée dont le discours révolutionnaire, politique et social résonne avec les mouvements altermondialistes d'aujourd'hui.
Sur une bande-son signée Bunny Lee , Max Romeo , The Abyssinians , les Batteurs de Count Ossie , Groundation , 100 Grammes de Têtes et Tu Shung Peng , repartez pour Kingston et pénétrez dans les arrières cours du ghetto, là où tout a commencé! Retournez fouler le sol du Pinnacle, à la rencontre de Miss Audrey White-Lewis , de Blade Howell un fils de Leonard ou bien encore Filmore Alvaranga membre de la mission Back to Africa de 1961...
Au début du siècle dernier, le tout jeune Leonard Percival Howell
(1898-1981) quitte la Jamaïque, se fait marin et parcourt le monde. Sur sa route, il croise toutes les idées qui agitent l'époque. Du bolchévisme à la new thought, de Gandhi à l'anarchisme, du garveyisme à la psychanalyse, il s'agit de trouver sa terre promise. C'est avec le cocktail de ces idées que Leonard Gong Howell revient en Jamaïque pour fonder en 1939 la première Commune Rasta, le Pinnacle. De là va s'élaborer le mode de vie et de pensée qui nourrira la culture du Reggae que Bob Marley répandra à travers le monde. Trente ans après la mort du chanteur, il était grand temps de rendre hommage à Leonard Percival Howell Le Premier Rasta, dont le discours révolutionnaire, politique et social, résonne avec les mouvements altermondialistes d'aujourd'hui.
L’histoire du mouvement Rasta est très mal connue. Né aux alentours de 1930, en pleine période coloniale, il a été systématiquement marginalisé et persécuté. Tout a été fait notamment pour effacer le souvenir de son fondateur, Leonard Percival Howell, dit le 'Gong'. Pourtant, c’est à lui que Bob Marley doit son message et jusqu’à son nom,'Tuff Gong'. Hélène Lee travaille depuis près de 30 ans à exhumer cette histoire extraordinaire : jeté sur les routes du monde par les exodes massifs du début du XXème siècle, Leonard Percival Howell a fait plusieurs fois le tour de la terre et assisté à la formation du nouvel ordre mondial.
Personnage flamboyant, énigmatique, il a cristallisé les aspirations des millions d’êtres humains que ce nouvel ordre dépossédait de leurs terres, de leur langues et de leur identité. Son attitude irréductible a fait de lui la bête noire de la Jamaïque des Indépendances, qui l’a emprisonné, spolié de ses biens, tourné en ridicule, jusqu’à effacer son nom de l’histoire. Mais il a vécu assez longtemps pour voir le Reggae, la nouvelle musique Jamaïcaine, diffuser son message sur les cinq continents, et lorsqu’il est mort, deux mois avant Bob Marley, il était évident que son mouvement était là pour durer. Mais le Reggae est tombé, à son tour, dans les mains du système, et tout a été fait pour donner des Rastas une image dérisoire. Le cliché du Rasta hirsute, perdu dans la fumée de ses joints, a réussi à occulter la dimension politique. Pensez donc : en pleine époque coloniale, un 'Nègre' qui défie les puissances impériales et se bâtit un monde à part, indépendant du contrôle policier et du système de l’argent! Une culture populaire, qui insuffle un contenu marxiste dans le concept biblique de Babylone! Un mouvement bâti, non pas sur un dogme, mais sur un mode de vie respectueux des individus!
Face à l’étonnante longévité du message et à sa diffusion dans toutes les strates de la société, cette dimension révolutionnaire commence à refaire surface. Mais comment faire un film sur un homme dont il n’existe qu’une poignée de photos, dont les écrits ont été systématiquement détruits, dont le souvenir même a été banni, au point que
les jeunes Rastas ignorent jusqu’à son nom ? C’est le défi que relève ce documentaire. En recréant la toile de fond de l’époque à partir d’archives cinématographiques, de rapports de police et d’articles de journaux, il nous emmène dans le sillage du baroudeur et nous permet de suivre la formation de sa pensée.
A partir de 1932, date de son retour au pays et des premières manifestations de son mouvement le film laisse la parole aux témoins directs. Pour la première fois, il fait parler ces survivants centenaires qui nous décrivent un mouvement Rastafari bien différent des clichés. Leurs interviews scintillants d’humour et d'une implacable vérité dessinent, non seulement la silhouette d’un leader formidable, mais le combat quotidien d’une poignée d’hommes et de femmes qui se dressent, sans peur, face à un système mondial tout-puissant. Un exemple de courage moral inouï à une époque où les Noirs, en Amérique et en Afrique, étaient encore des sous-hommes, soumis aux travaux forcés et à la discrimination raciale. Ils ont payé le prix de cette audace par des persécutions incessantes et une constante désinformation visant à les faire passer pour des fous - mais ils ont gagné.
Le Reggae est partout, et des millions de jeunes se reconnaissent dans son message. La sortie du documentaire marque la fin du silence et la réintégration des Rastafari dans le grand mouvement altermondialiste dont ils sont les précurseurs.
LE PREMIER RASTA
Réalisatrice : Hélène Lee
Chef opérateur et co-réalisateur : Christophe Farnarier
Monteuse : Nini Ranaivoarivony
Son : Fred Gremeaux et Jean-Christophe Caron
Archives: Catherine Jivora
Producteur délégué : Alexandre Perrier
Producteur associé: Percy Yip Tong (Ile Maurice)
Production : Kidam en association avec Cyper Produktion
et RFO.
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Coup de coeur de l'Académie Charles Cros
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PRIX DU PUBLIC - Festival du film insulaire de Grois 2010
PRIX DU MEILLEURS FILM ETRANGER
Portobello Film Festival 2011
PRIX DU MEILLEURS DUCUMENTAIRE
Caribean Film Corner 2011
HéLèNE LEE meets ROOTSBLOGREGGAE !!!
Trop souvent est oublié celui, qui derrière la caméra, est le tout premier spectateur... Celui-là même, qui, avant que la pellicule n'ait été impressionnée, capte la lumière, les couleurs, les parfums, les sons, les vibrations de l'instant afin de se l'approprier et l'immortaliser.C'est à CHRISTOPHE FARNARIER que Hélène Lee confia la mission, qu'il a su remplir avec brio avec des images tout aussi superbes qu'émouvantes, tout aussi douces que percutantes. Il faut dire que le garçon n'en est pas à ses premières heures derrère un objectif! Et pour cause...
CHRISTOPHE FARNARIER est né à Marseille. Après des études de Lettres Modernes et d'Histoire de l’Art à l’Université d’Aix-en-Provence, puis la Sorbonne, il travaille tout d’abord comme photographe et reçoit en 1994 le Fotopres Award pour son travail sur l’immigration africaine en Espagne. Parallelement, il réalise plusieurs court métrages en 16mm dont Love kills, sélectionné en 1990 au Festival de Clermont-Ferrand et aux BJCEM de Marseille et fut primé aux Festivals d’Aix-en-Provence et Argelés-sur-mer. Christophe Farnarier oeuvre également comme directeur de casting et premier assistant pour Karim Dridi sur Bye-bye, Un certain regard, Prix de la jeunesse au Festival de Cannes 1995, et sur Citizen Ken Loach, de la série Cinéastes de notre temps.
Installé à Barcelone, en 2006, il est le directeur de la photographie pour Albert Serra sur le film Honor de cavalleria. Deux ans plus tard, Christophe Farnarier présente au Festival de Locarno son premier long métrage, El somni, documentaire qui suit le dernier voyage de Joan Pipa, un berger en transhumance à travers les Pyrénées catalanes. Après avoir été sélectionné dans les festivals de Munich, Barcelone, Paris, Malaga, Mar del Plata, Bogota et Montréal, El somni reçoit en 2009, le prix du meilleur documentaire au 14º Festival Cinespaña de Toulouse, au 15º Festival della Lessinia (Italie) et au 16º FICMA (Espagne). Cette même année, caméra à l'épaule, il embarque pour la Jamaïque au côté d'Hélène Lee...
La suite ?... le chef opérateur lui-même, et co-réalisateur au côté d'Hélène Lee, l'a raconté à ROOTSBLOGREGGAE...
ROOTSBLOGREGGAE : De qu'elle manière t'es tu retrouvé dans cette aventure aux côtès d'Hélène Lee? T'intéressais-tu à la Jamaïque, au mouvement Rastafari?
CHRISTOPHE FARNARIER : En 1980 j'ai vu Bob Marley à Toulon... Revelation! J'avais 16 ans et j'accrochais les articles d'Hélène Lee sur les murs de ma chambre! Puis j'ai rencontré Hélène en 1988, elle est venue à la premiere de mon court-metrage "Love Kills" à Paris. Depuis nous sommes amis. Deja dans les années 90 nous voulions tourner ensemble un documentaire en Jamaique avec les musiciens de Count Ossie. Mais les films sont trés difficiles à monter financièrement!!!! Aprés la sortie de son livre, elle a rencontré un jeune producteur, Alexandre Perrier, ils se sont mis à la tache, cela a pris plusieurs années. Hélène m'a proposé de faire le film avec elle. Elle a trouvé un financeur providentiel, Percy Yip Tong, et finalement le film est là.
RBR : Comment s'est passée ta collaboration avec Hélène?
CF : Trés simple et trés fluide, sur la base d'une bonne communication. Un regard, un geste, on se comprend. C'est l'avantage d'etre de vieux amis. Nous avons décidé de partir seuls tous les deux en Jamaique, Hélène organiserait les rencontres et mennerait les entretiens, et moi je m'occuperais de l'image et du son. Elle connait la Jamaique comme sa poche. Nous avons sillonnés l'ile pendant six semaines avec un chauffeur jamicain, Jeff, à la rencontre de tous les témoins de l'histoire. Nous étions complètement autonomes pour faire le film, et seulement deux! Souvent il fallait être trés discret. A Kingston on ne peut pas sortir la caméra n'importe où!
RBR : Peux- tu nous expliquer comment s'est créé le documentaire? Avec quel matériel as-tu travaillé ? [recherches, scénario...]
CF : Le film est un tout, une somme, dans lequel interviennent les images d'archives, la musique, la voix off d'Hélène et les images que nous avons tournés en Jamaique. Nous avons voulu donner la parole aux acteurs de l'histoire, elle est donc racontée directement par ceux qui l'ont vecu. Nous sommes remontés à la source, au plus profond de la Jamaique.
RBR : Vous avez tourné dans divers environnements. En ville, en foret... au Pinnacle! Se due être un tournage compliqué? Comment s'est déroulé le tournage Quelles difficultés as-tu rencontré?
CF : Personnellement j'ai beaucoup aimé filmer à la campagne, à Serge Island, et surtout à Clarendon, là où est né Howell. C'est une région magnifique et les gens sont plus cool qu'en ville. Par contre, filmer à Kingston et Spanish Town, c'est dur, très très dur! Il y a beaucoup de tensions partout, à tout moment. Filmer dans le ghetto, no comment! Jeff, notre chauffeur, a plusieurs fois du faire office de garde-du-corps pour que je ne sois pas agressé et la caméra volée...!
Et puis filmer au Pinnacle, c'etait comme survoler le monde, être au sommet, un lieu très mystique bien sur, surtout en compagnie du fils de Leonard Howell qui est né là et il y revenait pour la premiere fois.
RBR : Au coin du feu avec les Abyssinians a due être un moment fort, non?
CF : C'était la fin du tournage, Hélène voulait tourner chez son ami Perry Henzel en hommage. On s'est installé dans le Backyard de sa maison à Kingston et on a fait du feu (en plein été). Pour cette séquence j'avais le renfort de David Osbourne, un ingénieur du son jamaicain. Filmer Bernard Collins fut trés émouvant. C'est un homme extremement mystique, avec le feu, sa voix et le silence de la nuit.... Jah Rastafari!
RBR : En regardant le film, on a cette sensation de faire corps avec les images. Comment parviens-tu à porter un regard tout aussi discret qu'il colle à la peau du sujet (humain, minéral ou bien végétal) que tu as face à toi?
CF : Ah ça c'est mon secret ! (rire) Cela fait plus de vingt ans que je fais corps avec la camera.... c'est devenu une attitude, une éthique et une esthétique, c'est ma façon de regarder le monde et d'entrer en communication avec lui.
RBR : Quelles images, quels souvenirs gardes-tu de toutes ces rencontres, de tous ces lieux?
CF : La force et la colère de Miss Whyte-Lewis entourée de ses petits-enfants chantant "Now it's black-man-time", et puis le doigt tendu vers le ciel de Miss Cambell disant "On se retrouvera là-haut, il y aura une justice!". Pour moi LE PREMIER RASTA c'est la lutte pour vivre en liberté, c'est un combat universel.
RBR : Le voyage au sens large du terme, qu'il soit synomyme d'aventure ou bien de survie, est au centre d'une large partie de ton travail. Tu es un voyageur? Pourquoi ce thème récurrent?
CF : Je suis né curieux, curieux du monde, curieux des autres, J'aime apprendre, découvrir, connaitre. Regarder et écouter. Oui j'aime voyager, surtout avec une caméra!
GIVE THANKS TO CHRISTOPHE FARNARIER !
Pour sa disponibilité et sa gentillesse...
Pour les photos partagées...
Pour LE PREMIER RASTA...
ONE HEART
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PETIT CHRISTOPHE FARNARIER POUR LES NULS !
Filmographie comme réalisateur:
- LE PREMIER RASTA [long métrage] 2010, co-réalisé avec Hélène Lee
- EL SOMNI [long metrage] 2008
- PARIS ON SPEED [doc] 2004
- TRIP TO MADRID [doc] 2003
- EL SILENCI [doc] 2002
- SOUS LE PONT D'AVIGNON [court métrage] 1999
- NARCO [court métrage] 1997
- LOVE KILLS [court métrage] 1988
- LE CAMION ET LA DECAPOTABLE [court métrage] 1986
Filmographie comme Chef-Opérateur:
- LE PREMIER RASTA 2010
- HONOR DE CAVALLERIA d'Albert Serra [long métrage] 2006
- FAMILYSTRIP de Luis Miñarro [long métrage] 2009
- BLOW HORN de Luis Miñarro [long métrage] 2010
Palmarès:
- Prix spécial du Jury pour Le camion et la décapotable au 4º Festival Tous Courts, Aix-en-Provence, 1986
- Mention spéciale pour Love Kills au 6º Festival Tous Courts, Aix-en-Provence, France, 1988
- Prix Cinemaginaire au meilleur court-metrage pour Love Kills au 6º Festival Cinemaginaire, Argeles-sur-mer, France, 1991
- Prix FOTOPRES de photographie pour Vivim, Barcelone, Espagne, 1994
- Meilleur image pour Honor de Cavalleria au 6º Festival International de Cine de Cuenca, Ecuador, 2007
- Prix spécial du Jury pour El Somni au 8º Festival aux 4 coins du monde, France, 2009
- Soleil d'or meilleur documentaire pour El Somni au 16º Festival international de Cinema del Medi Ambient FICMA, Espagne, 2009
- Prix Curatorium Cimbricum Veronense pour El Somni au 15º Festival della Lessinia, Italie, 2009
- Prix Raices meilleur documentaire pour El Somni au 14º Festival Cinespaña, Toulouse, France, 2009
EN SAVOIR ET DÉCOUVRIR TOUT LE TRAVAIL DE
CHRISTOPHE FARNARIER :
www.myspace.com/elsomni
www.imdb.com/name/nm0267820/
www.blogsandocs.com/?p=293
www.filmin.es/pelicula/el-somni
LE PREMIER RASTA - DVD
KIDAM / PERCY YIP TONG 2011
Pal - Toutes Zones / 1H25
CONTENU :
+Documentaire version longue en 3 langues [FRA/ANG/ESP].
+BONUS / sessions musicales live avec Bongo Herman, Abyssinians... , scénes coupées et un entretien avec Hélène Lee.
+LIVRET : chronologie et portraits.
LE PRIX COMPREND LE PORT POUR LE MONDE ! Le réglement s'effectue via PAYPAL par paiement sécurisé. Pour tout autre mode de réglement contactez ROOTSBLOGREGGAE.
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ROYAL TINGS
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34000 MONTPELLIER
LIVITY REGGAE
1 rue Docteur Augros
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25 rue de Geneve
CH-1225 Chene-Bourg
Suisse
LA LIBRAIRIE DES ABBESSES
30 rue Yvonne le Tac
75018 PARIS
LIBRAIRIE M'LIRE
3 rue de la paix
53000 LAVAL
KIDAM presents
THE FIRST RASTA
Directed by Hélène Lee in collaboration with Christophe Farnarier.
In 1915 a Jamaican teenager, Leonard Percival Howell (1898-1981), boards a banana boat and starts roaming the world. He bumps into all sorts of thinkers: adepts of the New Thought and bolshevism, anarchists and Gandhi followers, free-thinkers and garveyists; each of them is looking for some kind of Promised Land. After 18 years of travel Howell goes back to Jamaica with a cocktail of new ideas. In 1939 he opens Pinnacle, the first Rasta « Commune », which becomes the laboratory of a new way of life. Rasta culture and thinking would become the foundation of reggae culture, spread throughout the world by Bob Marley.
With a dramatic sound track by Bunny Lee , Max Romeo , Val Bennett , The Abyssinians , Count Ossie's drummers , Groundation , 100 Grammes de Têtes and Tu Shung Peng , Hélène Lee's documentary follows the footsteps of the FIRST RASTA , a flamboyant character of the last century whose theories echo today's concerns about the future of our world. The « half of the story that has never been told ».
THE FIRST RASTA DVD features:
+English version (comment & subtitles).
+EXTRAS : deleted scenes and an interview with Hélène Lee.
+BOOKLET : chronology et portraits.
At the beginning of the last century, the young Leonard Percival Howell
(1898 – 1981) left Jamaica, became a sailor and travelled the world. On his way, he chanced upon all the ideas that stirred his time. From Bolshevism to New Thought,from Gandhi to anarchism, from Garveyism to psychoanalysis, he sought to find his promised land. With this cocktail of ideas Leonard “Gong” Howell returned to Jamaica and founded Pinnacle, the first Rasta community in 1939.
Thereafter, a way of living and thinking was developedwhich nourished the reggae culture that Bob Marley would spread worldwide. Thirty years after the singer’s death, it is high time to pay tribute to Leonard Percival Howell, The First Rasta, whose revolutionary, political and social discourse resonates with the altermondialist movement of today.
The history of the Rasta movement is little known. Born around the 1930’s at the height of the Colonial Period, it was systematically marginalized and persecuted. Everything was done particularly to erase the memory of its founder, Leonard Percival Howell, known as the “Gong”. Yet, it is to him that Bob Marley owes his message and even his name, “Tuff Gong”. Hélène Lee has been working for the past thirty years to resurrect this story. In 1999, she published a biography by Leonard Howell, “The First Rasta” (Flammarion), which has been translated into several languages and has become a reference work. It is an extraordinary story: thrown onto the routes of the world by the mass exoduses of the early twentieth century, Leonard Percival Howell undertook several
trips around the world and was witness to the formation of the new world order.
A flamboyant and enigmatic character, he crystallized the aspirations of millions of human beings that this new order dispossessed of their land, their language and their identity. His implacable attitude made him the nemesis of the Jamaica independence period. He was imprisoned, despoiled of his property, ridiculed, and even his name was erased from history. But he lived long enough to see reggae, the new Jamaican music, spread his message on the five continents, and when he died two months before Bob Marley, it was evident that his movement was here to stay. But reggae in turn fell into the hands of the system and everything was done to reflect a paltry image of Rastas. The cliché of the shaggy Rasta, lost in the smoke of his joints, succeeded in concealing the political dimension. Think of it: At the height of the Colonial Period, a Negro who defies the imperial powers and builds a world apart, independent of police control and the monetary system? A popular culture that instills Marxist content into the biblical concept of Babylon? A movement built not on dogma but on a lifestyle that respects individuals?
Given the astonishing longevity of the message and its dissemination in all the strata of society, this revolutionary dimension is beginning to resurface. But how does one make a film about a man of whom only a handful of photographs remain, whose writings were systematically destroyed, whose very memory was banned to the point that the young Rastas do not even know his name?
This is the challenge of this documentary film. By recreating a backdrop of that time from film archives, police reports and newspaper articles, we follow in the wake of this adventurer and track the evolution of his thinking. Through direct witnesses we trace his evolution, from his return home in 1932 to the first manifestations of his movement. For the first time, these centenarian survivors describe a Rasta movement that is very different from the usual clichés. Their interviews, sparkling with humor and common sense, outline not only the silhouette of a great leader, but the daily struggle of a handful of men and women who stand without fear in the face of an allpowerful global system. And example of incredible moral courage at a time when black people in America and Africa were still considered to be sub-human and were subjected to forced labor and racial discrimination. They paid the price for this bold stand through relentless persecution and through systematic misinformation bent on making
them look crazy – but in the end they won.
Reggae is everywhere, and millions of young people identify with its
message. The release of this documentary film marks the end of the
silence and the reintegration of the Rastas in the great altermondialist
movement of which they are the precursors.
Director : Hélène Lee
DPO and Co-director : Christophe Farnarier
Editor : Nini Ranaivoarivony
Sound : Fred Gremeaux and Jean-Christophe Caron
Archives : Catherine Jivora
Delegate Producer : Alexandre Perrier
Associate Producer : Percy Yip Tong (Ile Maurice)
Production : Kidam, in association with Cyper Produktion and RFO.
BEST FOREIGNER FILM
BEST DOCUMENTARY
Hélène Lee is an international reference of Rasta culture. For the past forty years, as a journalist, author and translator, she has contributed in making known black artists, thinking and music, from Africa to the Caribbean. Be it with her essays, « Rockers d’Afrique » (Albin Michel, 1987), « Voir Trench Town et Mourir » (Flammarion 2003) and « The first rasta » (Flammarion 1999) or with her films, ”Jimmy Cliff, Moving on” for Arte, « Bons Baisers de Barbès » for France3 or her articles for Libération, Actuel or Géo, Hélène Lee has never stopped defending
and pushing to the forefront of the French scene artists such as Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly or even Salif Keita. Both her artistic and activist work has given this music and culture the place it deserves.
The cameraman is the first spectator - the first to live through the experience of light, images, sounds and vibrations that make a documentary. In choosing Christophe Farnarier to shoot the First Rasta, Helene Lee knew he was the man for it, for his closeness to the subject (he has filmed Rastas since he could handle a camera) - and his capacity to work without disrupting the intimacy of a given atmosphere.
Born in Marseilles, Christophe Farnarier lives in Barcelona. He studied Modern Literature and Art History at Aix-en-Provence University, then at Sorbonne University. He was first noticed as a photographer (1994 Fotopres Award for his work on African immigration in Spain). His 16mm shorts include “Love kills”, (1990 Festival de Clermont-Ferrand, BJCEM of Marseille, awards at Aix-en-Provence and Argelés-sur-mer Festival). As a casting director and first assistant, he worked on Karim Dridi's “Bye-bye” (awarded Prix de la Jeunesse and Un certain Regard at Cannes festival 1995), and on “Citizen Ken Loach” (Cinéastes de notre temps). In 2006 he was chief operator on Albert Serra's “Honor de cavalleria”. In 2008 he directed his first full length documentary “El somni”, following the last transhumance of an old shepherd through the mountains of Catalonia, screened in festivals in Munich, Barcelone, Paris, Malaga, Mar del Plata, Bogota and Montréal, awarded “Best documentary” Festival Cinespaña de Toulouse 2009, Festival della Lessinia (Italie) and FICMA (Espagne).
Of his experience in Jamaica, he told ROOTSBLOGREGGAE...