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La Philharmonie de Paris à l'heure jamaïcaine : JAMAICA JAMAICA, une exposition incontournable.

09/04/2017

 

 

 Il aura fallu 2 ans et demi à Sébastien Carayol et ses comparses pour réunir les quelques 500 pièces présentées à l'exposition JAMAICA JAMAICA qui se tient à la Philharmonie de Paris jusqu'au 13 août prochain. Nous avons eu l'immense honneur de pouvoir découvrir cette collection avant tout le monde, les allées encore vides de visiteurs, le peintre jamaïcain Danny Coxsone en résidence tout au long de l'événement déballant ces dernières oeuvres sur toile. Autant vous dire que nous avons plus que profiter de déambuler dans les 7 espaces que composent cette présentation de la culture musicale yardie depuis ses prémices à aujourd'hui.

 

"Mon envie, mon désir avec cette exposition est de raconter la musique jamaïcaine par les jamaïcains eux-mêmes" répondait Sébastien Carayol, commissaire de l'exposition, à une journaliste alors que nous pénétrions dans l'obscurité de la caverne aux trésors. Nous ne savions pas encore que ce que nous allions découvrir dépasserait tout ce que nous avions pu imaginer même le plus inimaginable !!!

 

C'est simple, nous en avons pris plein les mirettes et les oreilles (un casque confié à l'entrée permet de profiter pleinement d'illustrations sonores semées tout au long du parcours) : instruments mythiques, disques à la rareté infinie, oeuvres d'art et photos sublimes, pièces d'archives et documents sonores et vidéos impensables, tables de mixage légendaires, équipements sonores de sound system cultissimes, flyers et affiches d'époque, effets personnels à la dimension quasi reliquaire, le tout pontué de-ci de-là des fantastiques peintures de Danny Coxsone.

Difficile de contenir son émotion devant des rumba box sans âge, devant la batterie sur laquelle Lloyd Knibbs, batteur des premiers Skatalites, a créé la rythmique du ska ou devant le fronton de l'Alpha Boys School, établissement kingstonien qui a vu tant de musiciens phénoménaux sortir de ses classes. Impossible de ne pas rester bouche bée face à la console de Studio One qui a mixé tant de titres intemporels ou celle de King Tubby qui a vu se développer le dub ; face à la fameuse Rod of Correction que brandît Mickael Manley lors d'un meeting historique de la campagne électorale de 1972 ; face à la guitare de Peter Tosh taillée en forme de M16, face à la valise de voyage - et son contenu cela va sans dire, de Leonard Percival Howell ou devant un dessin préparatoire de Tony McDermott pour la couverture d'un album de Scientist, celui-là même que l'on écoutait encore la semaine passée sur notre platine. Et ce n'est que le sommet de l'iceberg.

 

Outre sa valeur historique, musicale et culturelle évidente, JAMAICA JAMAICA apporte un regard éclairé véritablement salvateur sur cette culture et ses acteurs que nous respectons tant. Si l'exposition raconte la musique jamaïcaine dans sa globalité en abordant ses différents styles, son mode de diffusion unique en son genre avec les sound system, ses codes, ses influences, ses icônes, ses messages, un détail cependant titillait la curiosité d'un reporter qui termina son entretien avec Carayol : " Et la fumette dans tout ça ? Vous n'en parlez pas.

-  Effectivement, enchaîne Sébastien. L'exposition n'évoque pas cet aspect, même si la consommation de cannabis est une composante de cette culture. Je dirais pas que la weed n est pas évoquée dans l'expo, on a une explication sur son usage rituel pour les rastas dans la partie Selassie par exemple. C est juste plus sous forme "d indices" saupoudrés un peu partout que concentré en un seul endroit. C'est un peu si pour une expo sur les Rolling Stones on consacrait une vitrine à l'héroïne, une substance qui a grandement participé à l'histoire du groupe. Quelque part cela n'avait pas véritablement de sens de présenter de front l'herbe aux visiteurs. Nous ne voulions surtout pas tomber dans les stéréotypes ou une quelconque apologie supposée."

 

Une exposition remarquable, véritable pèlerinage pour tous les passionnés, les curieux et surtout les sceptiques qui pourront une bonne fois pour toute se rendre compte par eu même de la richesse incommensurable de la culture reggae.

 

>>> Petit aperçu de Jamaica Jamaica

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'intégralité de nos photos est à retrouver dans l'album de notre page Facebook ICI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

>>> À NE PAS MANQUER : Les 21, 22 et 23 avril c'est les week-end Jamaica : concerts, ballet de danses contemporaine, conférences, animations enfant et après-midis promenade sont au programme. Également le samedi 22 avril la librairie de la Philarmonie accueillera Giulia Bonacci et Boris Lutanie de leur ouvrage NEGUS CHRIST Histoires du mouvement rastafari  paru aux éditions Afromundi, pour 2 séances de dédicaces de 16h à 17h et de 18h à 19h.

 

TOUT LE PROGRAMME

 

JAMAICA JAMAICA

De Marley aux Deejays

à la Philarmonie de Paris

du 4 avril au 13 août 2017

Renseignements et programme : philharmoniedeparis.fr

 

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