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INNA DE YARD, chef-d'œuvre le retour !

18/04/2019

La dernière fois que nous traitions du collectif Inna de yard, c’était en 2017, pour un album magnifique (lire notre chronique), si sensationnel, d’une perfection telle que l’on pouvait s’autoriser à penser que The soul of Jamaica était comme une apothéose, le bouquet final du feu d’artifice qui animait ce projet depuis treize années. Et bien voilà que la bande d’artistes jamaïcains repoussent, encore une fois, les limites de l’entendement avec la sortie d’un nouvel opus au titre éponyme, d’une pure merveille.

Rappelons la ligne directrice, l’originalité de Inna de Yard : un groupe d’artistes anciennes et nouvelles générations, enregistrent - en condition acoustique, des reprises et quelques titres inédits, ensemble dans l’arrière-cour d’une maison de Kingston. À quelques exceptions près, on retrouve ici un line up identique au précédent album avec une pensée toute particulière pour le guitariste Winston ‘Bo Pee’ Bowen disparu en fin d’année dernière (RIP).
Côté micro, l’équipe profite de l’occasion pour s’étoffer. Au côté des habitués Kiddus I, Winston McAnuff, Cedric Myton, Ken Boothe, The Viceroys, Var et Derajah, apparaissent les chanteuses Judy Mowatt – pour les plus jeunes, ex-membre des I-Threes, les coeurs de Bob Marley & The Wailers, et Jah 9 pour un titre phare de la première Black Woman* et Horace Andy avec Ain’t No Sunshine, son éternel classique.

Les treize titres proposés ici sont de toute beauté, à l’image du morceau d’ouverture interprété par Kiddus I, If You Love Me, une superbe adaptation de L’hymne à l’amour de Édith Piaf, à vous faire tourner la tête et qui, soit dit en passant, n’a certainement rien à envier à Johnny, un autre genre de Rockers !
Profond, sincère, astucieux, authentique, sensible, émouvant... Des qualificatifs d’autant plus légitimes à l’écoute de Winston McAnuff rendant hommage à son fils Matthiew tombé sous les balles lors d’une fusillade de rue en 2012, avec son prémonitoire Be Carefull enregistré quatre ans avant sa mort**, ou bien quand Derajah reprend son magnifique My Sista***, titre écrit à la mémoire de sa soeur aussi d’une balle perdue.

L'album annonce la sortie en salle – prévue le 10 juillet 2019 – du film documentaire de Peter Werber, Inna de yard The soul of Jamaica, distribué par Le Pacte (bande annonce plus bas). En attendant le mois de ce cher Jules, laissez-vous transporter par cette ode au reggae tout simplement splendide, embellie par une conception graphique signée Kouakou particulièrement soignée que le format double LP met pleinement en valeur.

 

L'indispensable de l'année assurément.

 

INNA DE YARD

Various artists

01. Kiddus I – If You Love Me
02. Winston McAnuff – Malcolm X
03. Cédric Myton – Row Fisherman
04. Ken Boothe – Everything I Own
05. The Viceroys – Ya Ho
06. Horace Andy – Ain’t No Sunshine
07. Judy Mowatt & Jah 9 – Black Woman
08. Kiddus I – Survive
09. Cédric Myton – Rebellion in heaven
10. Var, Derajah & Winston Mc Anuff – Be Careful
11. Derajah – Tribute to My Sista
12. Ken Boothe – Speak Softy Love
13. Var – Live Good

Chapter Two  2019

[CD/2LP]

 

Black Woman est sorti initialement en 1977 sur Ashandan avec pour face B Black Beauty. Le titre donnera son à l’album que Judy Mowatt produira et sortira en 1979 sur le même label.
** Be Carefull est enregistré par Matthiew McAnuff en 2008 et sort la même année en single sur Inna de yard – le label – avec Derajah en face B sur Who Yeah Yah. Le morceau apparaît ensuite sur son album posthume au même titre paru en 2013 sur Chapter Two.
*** My Sista apparait sur l’indispensable unique album solo de Derajah Paris is burning sorti en 2011 sur Chapter Two.





 

 

 

 

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